La Couronne retire les accusations contre des parents pour la mort de leur fils

LETHBRIDGE, Alb. — La Couronne a décidé de retirer les accusations portées contre des parents qui devaient subir un troisième procès en lien avec la mort de leur fils en Alberta.

L’avocat de David et Collet Stephan, Shawn Buckley, a confirmé avoir reçu une lettre de la Couronne annonçant la décision prise par les procureurs.

«La Couronne a abandonné les accusations», a mentionné Me Buckley à La Presse Canadienne.

«Évidemment, (mes clients) sont très soulagés que la Couronne ne procède pas à tenter de les faire condamner», a-t-il ajouté.

Selon une copie de la lettre, rédigée par la procureure en chef Shelley Bykewich, la Couronne demande à la Cour de Lethbridge de suspendre les accusations contre les parents. Ceux-ci faisaient face à des accusations d’avoir failli à leur responsabilité de fournir les choses nécessaires à l’existence d’un enfant.

Aucune explication n’a été donnée pour justifier la décision et le ministère de la Justice de l’Alberta n’avait toujours pas répondu à nos demandes de commentaires en milieu de soirée.

On reprochait au couple Stephan de ne pas avoir cherché à obtenir des services médicaux assez rapidement pour soigner leur bambin de 18 mois décédé en 2012.

Le couple avait déclaré pour sa défense qu’il traitait lui-même l’enfant avec des produits naturels pour soigner ce qu’il croyait être une forme de laryngite. Les parents lui avaient notamment fait boire un smoothie à base d’ail, d’oignon et de raifort.

Ils ont affirmé que l’enfant semblait prendre du mieux à certains moments et qu’ils ne voyaient pas la nécessité de se rendre à l’hôpital malgré la fièvre et le manque d’énergie de l’enfant.

Ils ont finalement appelé une ambulance quand le garçon a cessé de respirer. L’enfant est malheureusement décédé d’une méningite.

David Stephan a commenté la décision en disant que son fils Ezekiel était décédé depuis neuf ans et que sa femme et lui étaient sous le coup d’accusations depuis huit ans. Il a expliqué en entrevue que ces procédures avaient anéanti leur vie.

«Il y a une forme de soulagement à ne pas avoir à retourner en procès à nouveau bien qu’il y avait une partie de moi qui espérait quand même y retourner pour fouiller davantage dans les preuves manquantes et tout ce qu’on ne nous a jamais montré en huit ans de procédures», a-t-il poursuivi.

M. Stephan avait assuré sa propre défense avec succès lors du second procès.

En 2016, un jury avait trouvé le couple coupable, mais la Cour suprême du Canada avait cassé la décision et ordonné la tenue d’un second procès. Un juge seul avait ensuite déclaré le couple non coupable en 2019.

Dans la plus récente étape de la saga, plus tôt cette année, la Cour d’appel de l’Alberta a donné raison à la Couronne qui contestait la décision du juge seul. La Cour d’appel avait ainsi ordonné la tenue d’un troisième procès.

Me Buckley dit avoir été pris de court par la décision de la Couronne, mais il prévient que la saga n’est pas pour autant terminée.

Il rappelle que le couple a toujours la possibilité d’interjeter appel en Cour suprême du plus récent jugement ordonnant le troisième procès. Une démarche que David et Collet Stephan veulent entreprendre selon leur avocat.

Selon lui, ses clients veulent que la loi soit clarifiée par le tribunal pour éviter que d’autres parents aient à vivre la même chose qu’eux. Le couple espère également obtenir réparation pour les sommes faramineuses dépensées en frais judiciaires depuis huit ans.

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