La course à la Maison-Blanche entre dans une phase plus imprévisible

À huit semaines du scrutin, Joe Biden profite d’une avance, bien que serrée, dans de nombreux États clés qui détermineront l’issue de l’élection. Donald Trump n’est pas si loin derrière : il mise sur ses partisans les plus fidèles et il espère que les électeurs républicains désabusés se rangeront ultimement derrière lui.

WAYZATA, Minn. — La course à la Maison-Blanche qui oppose le président Donald Trump et le candidat démocrate Joe Biden a été caractérisée par une constance remarquable en cette année turbulente.

À huit semaines du scrutin, Joe Biden maintient l’avance confortable dont il a bénéficié tout au long de l’été selon la plupart des sondages réalisés à l’échelle nationale. Il profite également d’une avance, bien que plus serrée, dans de nombreux États clés qui détermineront l’issue de l’élection. Donald Trump n’est pas si loin derrière : il mise sur ses partisans les plus fidèles et il espère que les électeurs républicains désabusés se rangeront ultimement derrière lui.

Mais les deux camps se préparent à faire face à d’importants revirements alors que Donald Trump courtise intensivement les banlieusards blancs avec un discours axé sur la sécurité et la crainte de violence. Il reste à voir dans quelle mesure sa rhétorique trouvera écho, mais son potentiel est à ne pas sous-estimer aux yeux des démocrates, surtout dans le haut du Midwest américain.

C’est particulièrement vrai dans le Minnesota, un État qui n’a pas appuyé un candidat républicain à la présidentielle depuis 1972. Les démocrates locaux disent craindre de plus en plus que l’allégeance de leur État soit véritablement en jeu cette année.

La campagne de M. Trump se tient toutefois sur la défensive dans une foule d’autres États clés dont le présient ne peut se passer pour obtenir les 270 votes du collège électoral nécessaires à l’obtention d’un second mandat.

La campagne démocrate focalise pour sa part ses énergies sur les États du Midwest et des environs que Donald Trump avait fait basculer en 2016, soit le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie. Joe Biden tente également sa chance en Arizona, un État qui n’a pas soutenu un candidat démocrate à la présidentielle depuis 1996.

Il redouble également ses efforts en Floride, le joyau le plus prisé parmi les États charnières, qui pourrait pratiquement bloquer la réélection de Donald Trump. Les alliés de M. Biden espéraient que les répercussions dévastatrices de la pandémie les placent dans une position de force en Floride, mais un sondage publié mardi révèle que les électeurs y demeurent divisés.

Au-delà de la Floride, de récents sondages laissent entrevoir des courses serrées en Pennsylvanie et en Caroline du Nord, tandis que des sondages de Fox News menés après les conventions nationales des deux partis donnaient un avantage à Joe Biden au Wisconsin et en Arizona. Des sondages menés plus tôt cet été suggéraient également un penchant pour M. Biden au Michigan.

Les intentions de vote qui annonçaient des courses serrées ou même un avantage démocrate dans les États traditionnellement républicains se sont néanmoins avérées trompeuses en 2016.

Les collaborateurs de M. Biden se montrent optimistes face aux luttes en cours dans plusieurs États remportés par M. Trump en 2016, dont la Floride, l’Arizona, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin.  «Il y a plusieurs combinaisons qui nous amèneront là où nous devons aller pour atteindre la barre des 270», a affirmé la directrice de campagne de M. Biden, Jennifer O’Malley Dillon, la semaine dernière.

Mais Donald Trump a de nombreux atouts sur le plan organisationnel.

Le président a été beaucoup plus disposé à investir son temps auprès des électeurs dans les États clés. Son rassemblement du mois dernier à Mankato, par exemple, était sa cinquième apparition dans le Minnesota depuis son entrée en fonction.

Tandis que Joe Biden a recommencé à faire campagne en personne la semaine dernière après des mois à éviter les déplacements en raison de la pandémie, l’agenda de Donald Trump promet d’être beaucoup plus chargé que le sien dans les semaines à venir.

Les républicains profitent d’un autre avantage pratique sur le terrain: des effectifs. L’équipe de Donald Trump compte des milliers d’employés et de bénévoles qui vont à la rencontre des électeurs en personne à travers le pays, tandis que les démocrates continuent de solliciter les appuis presque exclusivement par téléphone et en ligne.

La course pourrait finalement se décider dans les banlieues des États clés, où de nombreux électeurs éduqués qui votent traditionnellement pour le Parti républicain ont tourné le dos à Donald Trump. Ce détournement a d’ailleurs ouvert la porte à des gains démocrates lors des élections locales depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump.

Son équipe de fait toutefois le pari que ces électeurs lui accorderont une deuxième chance s’ils craignent suffisamment la violence liée aux manifestations du mouvement Black Lives Matter.

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