La COVID-19 sème l’inquiétude chez les employés des transports en commun

TORONTO — La COVID-19 sème l’inquiétude parmi les employés des transports collectifs au pays.

Déjà mercredi, ce sont 38 chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Toronto (TTC) qui ont refusé de travailler en raison de problèmes de sécurité liés à la COVID-19, a annoncé l’organisme.

Le porte-parole de la TTC, Stuart Green, a indiqué par courriel que le ministère du Travail de l’Ontario examine ce qui s’est passé pour déterminer si ces refus étaient justifiés.

La TTC avait noté que plus tôt mercredi, cinq autres chauffeurs avaient également refusé de travailler pour les mêmes motifs.

M. Green a déclaré que dans leur cas, l’inspecteur provincial a statué que les circonstances signalées ne respectaient pas les conditions d’un refus de travail en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Il a ajouté que l’inspecteur avait en outre déterminé que la TTC avait mis en place des mesures et des procédures pour prévenir les risques associés à la COVID-19.

Cette situation se répète à l’ensemble du pays, soutient le président du Conseil canadien du Syndicat uni du transport, John Nino, qui représente 35 000 travailleurs.

«Ils s’inquiètent que toutes les mesures adoptées ne fournissent pas la protection adéquate. Ils veulent passer au niveau supérieur et porter des masques», souligne-t-il.

Une cinquantaine de membres du syndicat ont été déclarés positifs à la COVID-19, ajoute M. Nino.

À Toronto, le nombre de travailleurs qui ont été déclarés positifs s’élève à 17, soutient le local torontois du syndicat.

«Nos membres ont peur. Plus le temps passe, plus le nombre de cas augmentera», a déclaré le président local du syndicat, Carlos Santos.

À Montréal

Le président du Syndicat des chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes de la STM, Renato Carlone, dit qu’au moins 15 chauffeurs sont atteints de la COVID-19. Le nombre d’absences liées à la pandémie se compte par centaines, ajoute-t-il.

Le syndicat a lancé une campagne publicitaire demandant aux usagers de porter des masques. M. Carlone a demandé aux autorités de limiter la capacité des autobus à 15 passagers et des rames de métro à 150.

Selon lui, ses membres craignent de mettre leur santé en danger lorsque la période de confinement prendra fin, ce qui entraînera un plus grand achalandage dans les transports collectifs montréalais.

«C’est déjà difficile de maintenir une distance de deux mètres avec quelqu’un dans un autobus, fait valoir M. Carlone. C’est pourquoi nous demandons aux usagers de porter un masque. C’est la moindre des choses.»

Un porte-parole de la STM, Philippe Déry, dit que l’organisme s’en tient aux directives de la santé publique du Québec qui ne recommande pas le port de masque.

La semaine dernière, un homme atteint de la COVID-19 a été accusé de voies de fait et de non-respect des directives de la cheffe hygiéniste de l’Alberta après avoir prétendument toussé sur un chauffeur et des policiers d’Edmonton.

Au cours du dernier week-end, un chauffeur d’autobus de Vancouver anonyme a prié la population de ne pas utiliser le transport en commun.

«Ne montez pas dans les autobus, a-t-il imploré dans une vidéo diffusée sur YouTube. Vous n’avez pas à être à l’extérieur de chez vous. Ne montez pas dans les autobus. C’est aussi simple que cela.»