La défense recommande deux ans de prison pour le persécuteur d’Amanda Todd

NEW WESTMINSTER, C.-B. — L’un des avocats de l’homme reconnu coupable d’avoir leurré et exploité sexuellement une adolescente de la Colombie-Britannique, Amanda Todd, qui s’était suicidée par la suite, a recommandé jeudi au tribunal une peine de deux ans de prison, plutôt que les six ans d’abord suggérés la veille.

Lors d’une audience de détermination de la peine, en Cour suprême de la Colombie-Britannique, Me Joseph Saulnier a plaidé jeudi qu’Aydin Coban purgeait déjà aux Pays-Bas une peine de 11 ans pour des infractions similaires commises contre 33 jeunes victimes, et qu’une peine supplémentaire de prison serait «indûment sévère».

La défense demande donc maintenant une peine de deux ans, à purger après la fin de la peine néerlandaise, en août 2024. Me Saulnier a souligné jeudi le fait que la peine canadienne serait purgée pour les mêmes comportements fautifs.

La juge Martha Devlin a remis en question à plusieurs reprises la rhétorique de Me Saulnier: elle a rappelé qu’elle n’était pas liée par le régime néerlandais et que les infractions commises contre Amanda Todd au Canada constituaient une affaire distincte.

Coban a été extradé vers le Canada pour faire face à la justice dans l’affaire Amanda Todd. Pendant son procès en Colombie-Britannique, il purge en même temps sa peine néerlandaise dans un centre de détention préventive à Port Coquitlam, la ville natale de sa victime.

La procureure de la Couronne Louise Kenworthy avait recommandé mardi au tribunal une peine de 12 ans de prison, à purger après la peine néerlandaise de Coban. 

Me Kenworthy a plaidé que l’inculpé avait commencé à leurrer Amanda Todd alors qu’elle n’avait que 12 ans et qu’il l’avait tourmentée en ligne pendant plus de deux ans. La procureure a aussi plaidé que les crimes de l’inculpé avaient été déterminants dans le suicide de la jeune fille. 

Amanda Todd avait 15 ans lorsqu’elle s’est suicidée, en octobre 2012. Elle venait de publier sur les réseaux sociaux une vidéo où elle utilisait des cartons pour décrire en mots comment elle avait été victime, pendant trois ans, de chantage aux mains d’un prédateur en ligne anonyme.

Lorsqu’elle avait finalement décidé d’arrêter de s’offrir en spectacle pour lui en ligne, Coban avait mis son chantage à exécution: il avait envoyé des photos et des vidéos embarrassantes de l’adolescente à sa famille, aux élèves de son école et à la direction de l’établissement.

Coban a été reconnu coupable par un jury, en août dernier, d’extorsion, de harcèlement criminel, de communication avec une personne mineure en vue de commettre une infraction sexuelle, de leurre d’enfants, ainsi que de possession et de distribution de pornographie juvénile. Il n’avait pas été accusé en lien avec la mort de l’adolescente.

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