La député Kwan et des militants demandent la refonte d’un fonds d’investissement

VANCOUVER — Les défenseurs du droit au logement et une députée néo-démocrate réclament la refonte d’un fonds d’investissement fédéral qui finance des projets de logement abordable au Canada.

Selon Jenny Kwan, la porte-parole du parti en matière de logement, le Fonds national de co-investissement pour le logement semble favoriser les projets en Ontario au détriment des autres provinces.

Mme Kwan dit que les données indiquent que 74 % des fonds — environ 1,39 milliard $ — ont été accordés à des projets ontariens.

Selon le site internet de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le fonds a été créé pour appuyer «la construction et la revitalisation de logements abordables à usage, revenu et occupation mixtes». Ce programme s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale sur le logement, un plan décennal de 55 milliards $ lancé par le gouvernement fédéral en 2017. Elle vise à réduire le nombre de personnes en situation d’itinérance chronique et à construire 125 000 nouveaux logements.

«Le processus a été extrêmement lent et compliqué, et cela signifie qu’une petite partie de l’argent est acheminée rapidement vers les collectivités dans le besoin, critique Mme Kwan. Le fonds d’investissement est encore fortement biaisé dans son financement. L’Ontario est la seule province qui est en train de conclure des accords de gros montants et le reste du pays est encore loin derrière.»

Ahmed Hussen, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, n’était pas disponible pour une entrevue. Une porte-parole du ministère, Jessica Eritou, dit que le gouvernement a fait le plus gros investissement de l’histoire du Canada pour le logement locatif et communautaire.

«Nous avons fait des progrès importants, mais nous savons à quel point les besoins sont urgents, en particulier en Colombie-Britannique. C’est pourquoi nous sommes absolument déterminés à travailler avec la SCHL pour acheminer les fonds plus rapidement», déclare-t-elle.

Mme Eritou ajoute que les données publiées par Mme Kwan ne tiennent pas suffisamment compte du contexte sur l’état du financement du logement.

«Insuffisant»

La porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, soutient que ce fonds n’est pas une solution à long terme pour résoudre le problème du manque de logements. Selon elle, il est insuffisant.

«Ce n’est pas une vision. Ce n’est pas un plan pour s’assurer d’un plus grand nombre de logements adéquats au Canada, pour répondre aux besoins essentiels en matière de logement. Ce n’est pas un bon outil pour atteindre les objectifs de la soi-disant stratégie nationale du logement», soutient-elle.

Mme Kwan aborde dans le même sens. Elle aimerait voir plus de soutien offert à la SCHL pour examiner les demandes qu’elle reçoit.

La députée de Vancouver-Est souhaite aussi voir le gouvernement fédéral travailler plus étroitement avec tous les ordres de gouvernement et les organismes non gouvernementaux pour offrir plus de soutien financier aux projets de logement.

Selon Jill Atkey, la chef de la direction d’une association de logement à but non lucratif de la Colombie-Britannique, il est temps que le gouvernement change son approche en matière de financement du logement.

«Les investissements réalisés en Colombie-Britannique sont encore assez insuffisants pour réduire la demande de logements abordables, souligne-t-elle. Nous continuons de vouloir que ce programme soit restructuré afin de pouvoir déployer ces investissements beaucoup plus rapidement en Colombie-Britannique.»

Mme Atkey décrit le processus de demande comme «rebutant» pour de nombreuses personnes dans le secteur du logement sans but lucratif. Les formulaires comptent avec plus de 200 questions sur la demande et l’attente pour obtenir une approbation est longue.

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