La détresse psychologique des adolescents serait en hausse

MONTRÉAL — Face à une détresse psychologique en hausse apparemment constante chez les adolescents, la Fondation Jeunes en Tête sonne l’alarme et se donne comme objectif de rejoindre lors de la prochaine année scolaire deux fois plus de jeunes qu’elle ne le fait habituellement.

Ce sont donc quelque 100 000 jeunes que la Fondation espère sensibiliser et outiller face à la santé mentale en 2021-2022.

«En ce moment, c’est un jeune sur deux qui fait face à des enjeux d’anxiété et de dépression majeure au secondaire», a résumé la présidente de la Fondation, Mélanie Boucher.

La question de la santé mentale des jeunes retient beaucoup l’attention depuis le début de la pandémie, et on s’est inquiété de l’impact que pourraient avoir sur eux des mesures comme le confinement ou l’école à la maison.

Si la pandémie a certainement joué un rôle, il serait faux de croire qu’elle est la seule responsable de la situation, a dit Mme Boucher, qui rappelle que la moitié des enjeux de santé mentale débutent chez les jeunes avant l’âge de 14 ans.

«C’est certain que l’année qu’on vient de passer a eu des impacts significatifs sur la santé mentale de nos jeunes, a-t-elle lancé. Les enjeux de santé mentale sont à la hausse. C’est la pandémie qui a créé ça, mais ce n’est pas un nouvel enjeu. Ça a toujours existé et on a toujours eu des défis avec nos jeunes.»

Les ateliers que la Fondation propose aux adolescents des écoles de la province sont animés par de jeunes diplômés d’une vingtaine d’années, une proximité d’âge qui inciterait à la confiance et serait propice à l’ouverture du dialogue.

Certains ateliers montrent aux adolescents comment entretenir leur santé mentale au quotidien, par exemple en allant prendre l’air, en se concentrant sur le moment présent ou en se confiant à une personne de confiance. D’autres leur enseignent comment déceler la détresse psychologique de membres de leur entourage.

Changements de comportement, perte d’appétit ou d’intérêt envers les activités habituelles, troubles de sommeil, désintéressement envers les amis et les parents… les problèmes de santé mentale des jeunes pourront se manifester de différentes manières, et les adolescents pourront ne même pas réaliser ce qui leur arrive.

«Nos animateurs à la fin des ateliers reçoivent énormément de confidences des ados, a dit Mme Boucher. Et c’est ça qu’on réalise que les jeunes n’étaient même pas conscients, ils ne savaient même pas ce qu’ils vivaient, où ils réalisent qu’ils peuvent prendre des actions et des décisions pour entretenir leur santé mentale au quotidien.»

De plus, près des trois quarts des jeunes qui traverseraient une dépression n’oseraient pas en parler par crainte d’être rejetés ou jugés. Plusieurs jeunes souffrent donc apparemment en silence, d’où l’importance de la prévention, a-t-elle ajouté.

À ce titre, les investissements précédemment consentis par le gouvernement pour combattre le tabagisme ou la propagation des infections transmissibles sexuellement chez les jeunes ont montré que la prévention peut se révéler efficace, a dit Mme Boucher.

«Il est important d’agir dès maintenant, a-t-elle prévenu. Les jeunes ont besoin de nous. Les enjeux de santé mentale ne vont pas s’atténuer à la fin de la pandémie. Ça va continuer.»

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