La deuxième vague de COVID-19 n’épargne pas les communautés autochtones

WINNIPEG — La deuxième vague de COVID-19 n’épargne pas les communautés autochtones au pays, notamment dans les Prairies, préviennent des chefs et les autorités de la santé.

Le grand chef de l’Assemblée des Premières Nations du Manitoba, Arlen Dumas, s’est dit interloqué par les données.

«Jusqu’à aujourd’hui, la moyenne était généralement légèrement inférieure aux taux provinciaux, mais aujourd’hui, c’est assez alarmant», reconnaît M. Dumas.

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a rapporté vendredi que 26 communautés autochtones avaient signalé deux cas actifs de COVID-19 ou plus. Dix-sept d’entre elles se trouvaient au Manitoba.

Vendredi, le ministère des Services aux Autochtones faisait état de 348 cas actifs sur les territoires autochtones de l’ensemble du pays.

De son côté, le secrétariat de la Santé et du Bien-être des Premières Nations du Manitoba signalait vendredi pas moins de 515 cas actifs au sein de l’ensemble des populations autochtones de la province, dont 171 personnes vivants sur un territoire autochtone.

La proportion de tests positifs chez les Premières Nations du Manitoba est de 11 %. Il est de 8,6 % dans le reste de la province.

«Les choses vont dans une mauvaise direction, et elles y vont assez rapidement en ce moment», déplore le Dr Michael Routledge, le médecin hygiéniste en chef provincial pour les Premières Nations et les Inuits.

Leona Star, du comité de la lutte contre la pandémie, dit que le nombre d’Autochtones hospitalisés était très préoccupant. Sur les 104 personnes hospitalisées au Manitoba, vendredi, 25 venaient des Premières Nations, dont sept aux soins intensifs. Elles étaient âgées de 16 à 82 ans.

«La courbe monte, avertit Star. Nous constatons un grand pic.»

Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi un montant supplémentaire de 200 millions $ pour lutter contre le COVID-19 dans les communautés autochtones.

Le ministère des Services aux Autochtones dit vouloir travailler avec les Premières Nations pour répondre à la pandémie. Il veut notamment les approvisionner en écouvillons de test et en équipements de protection individuelle.

Une porte-parole, Geneviève Guibert, a ajouté que le ministère reconnaît également l’importance et le caractère sacré des cérémonies culturelles. Il respectera les décisions des chefs et du conseil sur la façon de les maintenir ou non, a-t-elle déclaré.

Un grand nombre des infections dans les territoires autochtones ont été liées à des funérailles ou des rassemblements religieux. Pimicikamak, dans le nord du Manitoba, est l’une des rares communautés qui ont été placées en confinement après que des membres ont été déclarés positifs après des funérailles.

Un rassemblement religieux à Prince Albert, en Saskatchewan, a également entraîné plusieurs cas positifs chez les Premières Nations, plus tôt en octobre. La Fédération des nations autochtones souveraines a organisé vendredi une prière oecuménique, appelant à la sécurité et à la protection de tous les membres de la communauté.

«Nous demandons à l’ensemble du territoire du traité de prier pour tous ceux qui vivent dans l’ombre de la pandémie, ceux qui sont touchés par le coronavirus et pour ceux qui sont morts de la COVID-19, a dit le chef Bobby Cameron dans un communiqué. De plus, priez pour la protection et une bonne santé pendant la pandémie.»

Selon M. Dumas, les dirigeants autochtones du Manitoba s’adaptent rapidement au nombre croissant de cas positifs. Il a dit que les gens veulent se garder mutuellement en sécurité et en bonne santé.

«Nous courons des risques. Nous ne pouvons pas être trop laxistes», a-t-il ajouté.

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