La diaspora algérienne manifeste à Montréal contre le régime de Bouteflika

MONTRÉAL — Des Québécois d’origine algérienne se sont réunis par centaines devant leur consulat à Montréal, dimanche, pour dénoncer le régime du président Abdelaziz Bouteflika qui brigue un cinquième mandat après 20 ans au pouvoir.

La diaspora a joint sa voix à celle du peuple algérien, qui s’est exceptionnellement soulevé contre la candidature de Bouteflika en vue de l’élection présidentielle du 18 avril.

L’homme de 82 ans est maintenu à l’abri des regards depuis qu’il a été terrassé par un accident vasculaire cérébral en 2013, ce qui soulève des doutes quant aux têtes dirigeantes qui tirent réellement les ficelles en coulisses.

Un des organisateurs du rassemblement montréalais, Jihed Halimi, dit vouloir se faire l’écho de la contestation populaire dans son pays natal.

«On est ici pour dire non à la corruption, non à la mauvaise gestion, non à la confiscation de la volonté populaire et de notre indépendance», lance celui qui compte manifester tous les dimanches, aussi longtemps que le mouvement conservera son élan en Algérie.

«On ne sait pas qu’est-ce qu’il fait, qui prend les décisions», explique pour sa part Djamel Chabale, se demandant même si le président est toujours en vie.

«Pouvoir au peuple!», scandait la foule, qui reproche au régime d’avoir laissé libre cours à la pauvreté et à la corruption.

«On est un pays vraiment riche et le peuple n’en profite pas», s’indigne Ines Achaibou.

Kahina Ladj se dit pour sa part «extrêmement fière» de la mobilisation de ses compatriotes, qui sont, selon elle, excédés par l’image que donne la situation politique en Algérie.

«C’est assez, les Algériens veulent du changement, affirme-t-elle avec aplomb. La liberté, on la demande et on va l’obtenir.»

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À Alger, des centaines d’étudiants sont descendus dans les rues dimanche, en cette date butoir de soumission des dossiers de candidature à la présidence. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent les jeunes en train de défiler dans la capitale en chantant des slogans antigouvernementaux.

Des mesures de sécurité renforcée ont été mises en place pour l’occasion, plus particulièrement dans les alentours du conseil constitutionnel. Le gouvernement canadien recommande par ailleurs aux voyageurs d’éviter les grands rassemblements et de se tenir au courant de la situation auprès des médias locaux.

«Des manifestations (et) des grèves causent des fermetures de routes et des perturbations de la circulation, partout au pays. On s’attend à ce qu’elles perdurent», prévient-on.

Et il n’y a pas qu’à Montréal que ce mouvement a fait des petits.

En France, des centaines de membres de la communauté algérienne se sont également rassemblés à Paris et à Marseille, pour faire entendre leur mécontenement face à la perspective que Bouteflika reste en fonction.

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