La distance de 2 mètres n’est pas exigée dans les abattoirs, signale la FC-CSN

La Fédération du commerce, affiliée la CSN, s’inquiète de trop grande «marge de manoeuvre» laissée aux employeurs dans l’industrie de transformation de la viande en ce qui a trait au respect des directives de santé publique.

La FC-CSN, qui représente plus de 4000 travailleurs de ce secteur, affirme que des centaines de cas de COVID-19 ont été diagnostiqués au sein l’industrie de la volaille et du porc dans différentes entreprises et régions du Québec.

Le président de la fédération, David Bergeron-Cyr, soutient que les abattoirs et les usines de transformation de la viande représentent des milieux de travail particulièrement en risque en temps de pandémie.

«Le type de production y est moins automatisé ou mécanisé que dans d’autres milieux manufacturiers, a-t-il souligné. (Les travailleuses et travailleurs) œuvrent souvent, même encore aujourd’hui, épaule à épaule, jour après jour», a-t-il écrit dans une lettre transmise au premier ministre François Legault.

L’usine d’abattage et de découpe de porcs d’Olymel, à Yamachiche, a dû fermer ses portes le 29 mars dernier, après avoir dépisté au moins neuf cas d’infection au nouveau coronavirus parmi ses employés.

La FC-CSN soulève des inquiétudes quant aux recommandations publiées la semaine dernière par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), à l’intention de l’industrie des abattoirs.

L’INSPQ recommande de faire respecter une distance de deux mètres entre les personnes dans les aires communes et les aires de production «dans la mesure du possible». Faute de quoi, on conseille de former de petites équipes de travailleurs, qui conserveraient la même position sur la chaîne de production, et d’éviter le partage de matériel entre eux.

L’utilisation des mots «dans la mesure du possible» fait sourciller les représentants syndicaux, qui craignent que des employeurs ne fassent fi de ces mesures de prévention pour éviter de ralentir la production.

La FC-CSN se dit également «irritée au plus haut point» par le fait que l’entreprise Olymel aurait participé à l’élaboration de ces recommandations, mais pas les organisations syndicales.

L’INSPQ et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec n’ont pas immédiatement donné suite à la demande de commentaire de La Presse canadienne vendredi.

Les plus populaires