La DPCP Annick Murphy explique les raisons de son départ

QUÉBEC — La directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Annick Murphy, a élaboré publiquement mardi sur les raisons de son départ hâtif.

Dans une lettre au Devoir, Me Murphy, qui est âgée de 63 ans, explique qu’elle partira à la retraite avant la fin de son mandat, le 2 février 2021, pour passer plus de temps avec ses enfants et petits-enfants.

Le 2 février a aussi «valeur de symbole» pour la DPCP qui célébrera 40 ans de carrière au service de l’État.

«Ces derniers jours ont été extrêmement éprouvants pour moi, compte tenu des commentaires mettant en doute la légitimité de mes motivations et donnant l’impression de fuite en avant», écrit-elle.

La semaine dernière, le Parti libéral du Québec avait joint sa voix à celle de Québec solidaire et du Parti québécois pour demander des éclaircissements.

Les partis d’opposition s’étonnaient du fait que Me Murphy ait annoncé son départ publiquement le jour des élections américaines, au moment où l’attention médiatique était tournée vers les États-Unis.

La situation rappelait, selon eux, le départ de l’ex-patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) Robert Lafrenière, qui avait annoncé qu’il quittait son poste sans explication le 1er octobre 2018, jour des élections provinciales.

«Comme cela est exigé par mes conditions de travail, je devais respecter un avis de trois mois. Ce que j’ai fait. Il n’y a donc aucun lien avec l’élection américaine ou le dénouement ou non de dossiers en cours», se défend Me Murphy, disant vouloir rectifier les faits.

Deux sujets ont principalement été abordés en lien avec son départ: le dossier de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau et la situation du directeur général de la Sûreté du Québec Martin Prud’homme.

Dans le premier cas, «la lecture du jugement prononcé par le juge André Perreault permet de constater que l’arrêt des procédures n’a absolument rien à voir avec le travail du DPCP. Au contraire, le juge souligne que « le DPCP a pris des décisions raisonnables et responsables » (…) avant de conclure que les délais (…) sont essentiellement imputables à des inconduites policières sous l’ancienne administration de l’UPAC.»

Au sujet de M. Prud’homme, la DPCP affirme par contre devoir limiter ses commentaires, par respect pour l’intégrité du processus en cours. «Je peux cependant affirmer que mon départ à la retraite n’a rien à voir avec cette affaire.»

Une faute déontologique aurait été commise par M. Prud’homme lorsqu’il a fait un appel à la DPCP en octobre 2017. M. Prud’homme a depuis ce temps été blanchi de toute allégation criminelle.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a indiqué le mois dernier que la Commission de la fonction publique enquêtera sur les agissements de M. Prud’homme, suspendu avec solde depuis plus de 18 mois.

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