La FAE dénonce à son tour l’absence de l’éducation dans la campagne électorale

MONTRÉAL — Après la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, les directions d’écoles et des associations de parents, c’est au tour de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) de dénoncer le peu d’intérêt accordé à l’éducation par les grands partis depuis le début de la campagne électorale au Québec.

Le syndicat qui représente des enseignants déplore que «les besoins criants d’un million d’élèves, jeunes et adultes», ainsi que ceux du personnel, ne soient pas considérés comme une priorité pour les chefs de partis.

«De toute évidence, les messages passés par d’autres organisations avant nous n’ont pas été entendus», se désole la présidente Mélanie Hubert qui espérait voir l’éducation occuper plus de place dans le premier débat télévisé.

La FAE appelle les formations politiques à démarrer «une vraie campagne électorale» en débattant des enjeux fondamentaux en éducation, dont la mise sur pied de ce que le syndicat décrit comme «un système scolaire équitable».

De l’avis de la FAE, comme le ministère de l’Éducation constitue le deuxième poste budgétaire en importance du gouvernement québécois, les enjeux qui lui sont propres devraient occuper une place aussi significative dans les débats politiques.

Mélanie Hubert souligne que les infrastructures, la santé, l’inflation et la pénurie de main-d’œuvre occupent tout l’espace et l’éducation est laissée en plan. Elle rappelle que les problèmes qui affectent le système d’éducation sont bien connus et que les solutions existent, tout en regrettant le manque d’intérêt des partis.

«La formation, la qualité de ce qu’on offre comme services à nos jeunes, ça devrait faire partie d’une vision du monde dans lequel on veut vivre. En ce moment, il n’y a aucun parti politique qui a réussi à nous faire rêver à ça depuis le début de la campagne», plaide-t-elle en espérant que l’on cesse de voir l’éducation comme une dépense et qu’on la considère comme un véritable investissement.

Le syndicat a dressé sa propre liste d’enjeux sur lesquels il souhaite entendre les chefs de partis, soit l’importance d’«un système scolaire équitable»; d’investir dans les écoles publiques; d’adapter la charge de travail des enseignants; et de gérer équitablement les finances publiques.

Quand elle parle de système d’éducation équitable, la FAE fait principalement référence au financement public des écoles privées. Le syndicat y voit une injustice alors que le gouvernement se trouve à financer l’éducation d’une élite d’enfants de milieux favorisés au détriment du réseau public.

«C’est fondamental que l’éducation doive mener à une égalité des chances pour tous et le réseau comme il est fait en ce moment. On n’est pas tous aussi égaux les uns que les autres dans le système», estime la présidente de la FAE.

Les fonds redirigés vers le réseau public permettraient entre autres de remettre en état des bâtiments désuets, en piètre état.

«Les années d’austérité libérale ont laissé des marques importantes. On a travaillé beaucoup à réparer en urgence, mais on a investi très peu en entretien du patrimoine bâti», observe Mme Hubert.

«Si on veut que les enfants s’intéressent à l’école, il faut en faire des milieux de vie qui sont stimulants et qui ne sont pas trop déprimants», note-t-elle en décrivant les tuiles qui décollent, la plomberie rouillée et les fusibles qui sautent en branchant trop d’appareils.

En faisant référence à l’inauguration récente du premier lab-école dans Limoilou, à Québec, la présidente de la FAE mentionne que tout ça est bien beau, mais elle s’interroge sur le sort des milliers d’autres écoles de la province.

Finalement, le syndicat rappelle qu’il sonne l’alarme depuis de nombreuses années sur la pénurie de main-d’œuvre qui affecte le personnel enseignant. La profession voit ses jeunes enseignants déserter massivement le métier au cours de leurs cinq premières années de pratique.

À nouveau, Mélanie Hubert en appelle à la vision des politiciens et souhaite voir un véritable plan pour l’éducation qui redonnerait le goût du métier aux enseignants. Elle espère que le temps d’enseignement soit maximisé en dégageant les profs des charges administratives et des nombreuses réunions qu’on leur impose.

Avec moins de deux semaines à faire à la campagne électorale, la présidente de la FAE garde espoir que l’on accorde enfin une place de choix à l’éducation.

«L’avenir d’une nation passe par l’éducation des enfants. J’espère que les partis politiques prendront la balle au bond. Il y a peut-être un rôle aussi dans les médias à discuter un peu plus d’éducation que des factures d’Éric Duhaime, par exemple», conclut-elle.

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