La famille d’un Autochtone tué par la police au Nouveau-Brunswick veut des réponses

FREDERICTON — La famille d’un Autochtone du Nouveau-Brunswick abattu par la police en juin dernier souhaite avoir accès au rapport que le BEI québécois a rédigé sur son décès. 

Rodney Levi, de la communauté mi’kmaq de Metepenagiag, a été abattu par la Gendarmerie royale du Canada dans la soirée du 12 juin à Miramichi. Les policiers répondaient à une plainte concernant des incidents dans une résidence privée.

La mort de M. Levi est survenu quelques jours après celle de Chantel Moore, une Autochtone de 26 ans abattue par la police d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, lors d’un «contrôle de santé mentale» dans une résidence.

C’est le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec qui avait été chargé d’enquêter sur ces deux décès, parce que le Nouveau-Brunswick ne dispose pas d’une telle «police des polices». Le BEI indique qu’il a transmis le 16 décembre ses deux rapports au Service des poursuites pénales du Nouveau-Brunswick et au coroner chargé de l’affaire.

Alisa Lombard, l’avocate des proches de M. Levi, ne comprend pas pourquoi la famille n’a pas encore reçu la copie demandée du rapport sur sa mort. «Notre client, la succession de Rodney Levi, a vécu son deuil dans l’ignorance de ce qui s’est réellement passé, mis à part les reportages des médias et ce qu’ils ont pu reconstituer», a soutenu Mme Lombard en entrevue vendredi.

La porte-parole du BEI, Sylvie Boutin, a indiqué vendredi dans un courriel qu’il appartenait aux autorités du Nouveau-Brunswick de rendre public le rapport.

Certains détails publiés 

Le BEI a publié certains détails avant Noël, lorsqu’il a annoncé que le rapport complet sur la mort de M. Levi avait été transmis aux autorités compétentes. Le BEI indiquait alors que le soir du 12 juin, la police a répondu à deux plaintes concernant un homme qui aurait tenu des couteaux, dans une résidence de Miramichi, et qu’il ne voulait pas coopérer.

Deux policiers arrivés sur les lieux ont localisé l’homme à l’extérieur de la résidence, sur une terrasse où se trouvaient d’autres personnes, indique le BEI. L’homme ne voulait pas laisser tomber les couteaux et ne se pliait pas aux sommations des deux policiers, ajoute-t-on.

Selon le BEI, un policier a alors utilisé son arme à impulsion électrique, sans parvenir à maîtriser M. Levi. Il se serait alors approché de l’autre policier, qui a fait feu. Les policiers ont ensuite commencé les manœuvres de réanimation jusqu’à l’arrivée des ambulanciers, qui ont transporté la victime à l’hôpital, où on a constaté son décès. 

Me Lombard soutient que la famille veut obtenir des réponses afin de pouvoir faire son deuil et tourner la page. 

Une porte-parole du ministère de la Justice du Nouveau-Brunswick a indiqué vendredi que les rapports sur les décès de M. Levi et de Mme Moore sont toujours à l’étude. «Le ministère public fera une annonce sur les résultats de ses examens une fois qu’ils seront terminés», a écrit Coreen Enos dans un courriel. 

«Il convient de rappeler qu’une enquête du coroner sera tenue sur chacun de ces cas», a-t-elle ajouté.

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