La Fédération des cégeps expose sa liste de revendications électorales

MONTRÉAL — La Fédération des cégeps entretient de grandes attentes à l’égard des principales formations politiques mêlées à l’actuelle bataille électorale au Québec.

Elle souhaite notamment voir ces divers partis s’inspirer du vaste chantier mené durant la Révolution tranquille et ainsi faire de nouveau de l’enseignement supérieur un véritable projet de société.

Pour y arriver, l’organisation estime que les caquistes, les libéraux, les péquistes et les solidaires devront s’engager à assurer un accès accru à l’enseignement collégial.

À l’heure actuelle, un peu moins de 70 pour cent des adolescents de la province passent directement du réseau des écoles secondaires à celui des cégeps.

Selon la Fédération, ce taux est insuffisant à une époque où la population est vieillissante et où le marché de l’emploi crie famine.

Afin d’accroître la fréquentation globale des établissements collégiaux, l’organisation réclame également de l’aide pour courtiser davantage d’étudiants internationaux.

«Ça permettrait d’attirer des jeunes de diverses origines dans les régions et de faire en sorte qu’ils y fassent leur vie par la suite. Si à Sept-Îles, par exemple, on manque d’étudiants pour un programme, il est possible qu’il ne puisse pas être mis en place. Parfois, le fait d’avoir quelques étudiants internationaux peut tout changer. Ça permet à un programme d’être offert. Ça fait donc en sorte qu’un jeune de Sept-Îles peut y avoir accès sans quitter sa ville», fait valoir le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.

Or, pour parvenir à convaincre de jeunes étrangers de la pertinence de venir poursuivre leurs études dans le réseau des cégeps québécois, il faut nécessairement les charmer.

M. Tremblay soutient donc que les différentes formations politiques se doivent de prévoir des deniers pour pouvoir éventuellement financer cette grande opération de séduction.

«Ça prend de l’argent pour faire du recrutement international. Quand on demande à des parents de laisser aller leurs enfants à l’étranger pour y recevoir une formation, ce n’est pas tout de faire de la sollicitation en ligne. Les parents ont besoin d’avoir des contacts directs avec des représentants des établissements [collégiaux]. Il faut faire des missions à l’étranger pour montrer la formule des cégeps et pour présenter les services qui y sont offerts», explique-t-il.

Par ailleurs, la Fédération des cégeps avance que les grands partis politiques doivent promettre de faire le nécessaire pour garantir une meilleure adéquation entre les programmes disponibles dans les établissements collégiaux de la province et les besoins du marché du travail.

Pour favoriser cette concordance, l’organisation juge avoir besoin de moyens additionnels pour être en mesure de développer l’offre de formation à distance et pour pouvoir actualiser les programmes existants ou en créer carrément de nouveaux.     

«Dans un contexte où l’économie se transforme à un rythme effarant, il faut faire en sorte de se donner vraiment une culture de la formation continue pour qu’il y ait un meilleur maillage entre les établissements d’enseignement et les entreprises. Les jeunes qui terminent leur parcours scolaire et qui arrivent sur le marché du travail doivent comprendre que leur apprentissage n’est pas terminé. Ils doivent poursuivre l’actualisation de leurs compétences, qui deviendront périmées très rapidement», souligne Bernard Tremblay.  

 

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