La Fédération des pourvoiries défend la bière du chasseur

QUÉBEC — La Fédération des pourvoiries (FPQ) défend la petite bière du chasseur. 

L’association s’élève contre le resserrement des règles concernant l’alcool et la drogue dans le projet de loi 88, une réforme de la Loi sur la conservation de la faune, actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale.

Ce texte législatif stipule que nul «ne peut consommer une boisson alcoolisée alors qu’il chasse» et ne peut non plus consommer de drogue. 

Bref, c’est tolérance zéro. Or auparavant, on interdisait de pratiquer cette activité «sous l’influence d’une boisson alcoolique», ce qui laissait un peu de jeu pour une consommation occasionnelle. 

En commission parlementaire mercredi, la FPQ a demandé la même marge de manoeuvre ou tolérance que pour l’alcool au volant, qui est permis en deçà de la limite de 80 mg d’alcool par 100 ml de sang. 

Elle a déploré que le chasseur qui dînerait tranquillement en pleine forêt en prenant une bière ou un verre de vin commettrait donc une infraction. Un agent de la faune pourrait donc l’interpeller et le contrevenant serait passible d’une amende allant de 500 $ à 4500 $, selon le projet de loi. 

«On va trop loin»

«La simple possession d’une bouteille de bière, je pense qu’on va trop loin», a soutenu le président de la FPQ, Marc Plourde. 

Pour justifier cette interdiction, il faudrait démontrer qu’il y a un nombre élevé d’accidents de chasse attribuables à l’alcool, alors qu’en vérité, il y a «très peu» d’accidents de chasse, a plaidé l’avocat de la fédération, Dominic Dugré. 

«Comprendre l’esprit des chasseurs»

Il a demandé aux élus de «comprendre l’esprit des chasseurs», selon ses mots. 

«Il y a une peur surréelle des armes à feu, une peur exagérée. On est dans une activité récréative, on est en plein bois. On vient de mettre une double carapace sur une activité qui paraît dangereuse mais ne l’est pas.» 

La FPQ demande aux législateurs de revenir à la formulation antérieure qui visait seulement la pratique de l’activité «sous l’influence» de l’alcool ou de la drogue.

«Une patate chaude»

À la défense du projet de loi, le député caquiste de Bourget, Richard Campeau, a pour sa part fait valoir qu’il craignait davantage une personne avec un fusil chargé que quelqu’un au volant de sa voiture.

Il a relayé les craintes des agents de la faune, qui ont du mal à évaluer le taux d’alcoolémie d’un chasseur en pleine forêt. 

«On tolère une bière ou deux… On fait quoi? J’ai l’impression de voir ça comme une patate chaude qu’on ne pourra pas administrer.»

Laisser un commentaire