La frontière encore fermée, mais assouplissements à venir pour les doubles vaccinés

OTTAWA — Tout en gardant les frontières canadiennes fermées pour au moins un autre mois, le gouvernement fédéral va annoncer lundi des assouplissements pour les voyageurs canadiens qui auront eu leurs deux doses de vaccin. Mais de nombreuses questions demeurent sur les prochaines étapes pour les Canadiens qui rêvent de voyages. 

Au retour de son premier voyage international depuis le début de la pandémie, le premier ministre Justin Trudeau, en quarantaine à Rideau Cottage, a été assailli de questions par les journalistes. Les vaccinés à l’AstraZeneca pourront-ils entrer aux États-Unis? Les enfants de moins de 12 ans seront-ils exemptés de la quarantaine à l’hôtel? Quelle certification vaccinale sera acceptée?

«Je comprends l’impatience des gens, mais je comprends aussi qu’il n’y a personne qui veut voir une résurgence de la COVID-19», a laissé tomber M. Trudeau. «Oui, on veut revenir à la normale, mais on n’en a pas fini avec cette pandémie. On continue de voir des cas à travers le pays et on veut qu’ils soient à la baisse», a-t-il ajouté. 

Le premier ministre a déclaré que le Canada allait bientôt atteindre l’objectif tant espéré de 75 % de Canadiens à une dose et de 20 % à deux doses qui permettra de relâcher davantage de mesures. Et d’ici la fin du mois de juillet, le pays devrait avoir reçu quelque 68 millions de doses de vaccins, ce qui permettra d’offrir deux doses à tous les Canadiens admissibles de 12 ans et plus. 

La première série d’assouplissements pour les Canadiens, les résidents permanents et autres personnes autorisées à entrer au Canada, sera annoncée lundi, 21 juin, a fait savoir le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, sur Twitter. Déjà, on s’attend à ce que la quarantaine obligatoire à l’hôtel pour ces personnes qui arrivent à un aéroport canadien soit annulée.

Ces mesures devraient être mises en place au début du mois de juillet, à une date encore indéterminée. 

Frontière toujours fermée

Le gouvernement prolonge d’un autre mois, jusqu’au 21 juillet, les restrictions appliquées depuis le début de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, tant aux frontières internationales qu’à la frontière canado-américaine. Cette nouvelle a provoqué la grogne des politiciens au sud de la frontière et au sein de la communauté d’affaires du Canada et des États-Unis. 

«Il n’y a pas d’autre façon de le dire: un délai d’un autre mois est de la merde. #LaissezNousNousRéunir», a écrit dans un gazouillis Brian Higgins, membre du Congrès de la région frontalière de Buffalo-Niagara Falls, dans l’ouest de l’État de New York. M. Higgins est également coprésident du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis.

Goldy Hyder, président du Conseil canadien des affaires, a fait preuve d’un peu plus de retenue. 

«Nous sommes déçus d’apprendre que l’Initiative conjointe entre les États-Unis et le Canada allait être prolongée pour un autre mois. Nos deux pays ont raté une opportunité de modifier l’accord frontalier afin de reconnaître la quantité croissante de personnes qui sont pleinement vaccinées contre la COVID-19», s’est désolé M. Hyder dans une déclaration écrite. 

Les premiers ministres du pays tenaient leur appel conférence régulier jeudi soir et ont discuté des modalités pour rouvrir les frontières pendant pas moins de deux heures. 

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, soutient qu’ils ont eu des discussions «très, très constructives». M. Trudeau a dit pour sa part que tous étaient déterminés à «travailler ensemble» pour lever les restrictions rapidement, mais en toute sécurité afin d’éviter d’autres vagues. 

Certification vaccinale

Le gouvernement fédéral espère en arriver cet automne à une solution permanente pour permettre aux Canadiens de présenter une preuve vaccinale lorsqu’ils voyagent à l’international. 

En attendant, les voyageurs pourront utiliser l’application ArriveCAN afin de prendre une photo de leurs preuves de vaccination pour certifier qu’ils ont eu leurs deux doses lorsqu’ils se présenteront aux douanes. «Ce n’est pas une solution idéale, mais c’est la solution qu’on va pouvoir mettre en place rapidement pour que les gens puissent avoir quelques options de plus cet été», a décrit M. Trudeau.

Plusieurs détails restent à négocier à l’international, notamment la reconnaissance des différents vaccins autorisés.

Les États-Unis, par exemple, n’ont pas autorisé le vaccin d’AstraZeneca. M. Trudeau a dit vouloir s’assurer que les Canadiens qui, comme lui, ont reçu une ou deux doses d’AstraZeneca pourront franchir la frontière quand viendra le temps de voyager aux États-Unis. 

«Ce sont des discussions qui vont aboutir dans les semaines à venir, on l’espère, à temps pour que les gens puissent commencer à voyager. On n’est pas tout à fait rendus là, encore», a dit le premier ministre. 

Plus tard vendredi, la Cour fédérale a confirmé la constitutionnalité du plan fédéral de quarantaine à l’hôtel des voyageurs, mais a déclaré que la façon dont les mesures avaient été imposées à une requérante dans l’affaire – qui n’avait pas été informée de l’endroit où elle était amenée ni de son droit à un avocat – avait violé ses droits garantis par la Charte.

La décision du juge en chef Paul Crampton affirme que quiconque adopte un comportement présentant un risque pour la santé publique ne peut pas s’attendre à ce que la loi empêche l’État de remplir sa fonction essentielle de protection des citoyens.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.