La fermeture de six urgences la nuit décriée de toutes parts au Nouveau-Brunswick

FREDERICTON — La colère gronde au Nouveau-Brunswick face aux réformes des soins de santé annoncées mardi, qui prévoient notamment la fermeture des services d’urgence de six hôpitaux communautaires pendant la nuit.

Le docteur Hubert Dupuis, président d’Égalité santé en français — un groupe qui fait pression pour des services de santé égaux pour les francophones du Nouveau-Brunswick —, a déclaré que les changements étaient irresponsables.

Il a prédit que cette décision entraînerait la chute du gouvernement conservateur minoritaire et a accusé les réseaux de santé de la province d’être «des marionnettes du gouvernement Higgs-Austin».

Le docteur Dupuis faisait référence au gouvernement progressiste-conservateur minoritaire du premier ministre Blaine Higgs, qui gouverne grâce à l’appui de L’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick de Kris Austin.

Karen McGrath, qui dirige l’autorité de santé de langue anglaise Horizon, a déclaré mardi que les six urgences concernées ne voyaient en moyenne que cinq patients par nuit, et que la plupart n’étaient pas des cas urgents.

Mme McGrath et le directeur du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, ont expliqué que les hôpitaux ciblés avaient été choisis parce qu’ils se trouvent à moins de 75 kilomètres d’un autre hôpital doté d’un service d’urgence ouvert 24 h par jour.

M. Dupuis estime que c’est encore trop loin pour une personne ayant une urgence de santé. Il juge que le trajet pour obtenir des soins d’urgence ne devrait pas dépasser 30 minutes.

À compter du 11 mars, les services d’urgence de Sussex, Sackville, Perth-Andover, Sainte-Anne-de-Kent, Caraquet et Grand-Sault seront fermés de minuit à 8 h.

Les six collectivités touchées bénéficieront de services de santé mentale supplémentaires et 120 lits en soins de courte durée seront convertis en lits de soins de longue durée, principalement pour les personnes âgées en attente d’une place en résidence.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, a déclaré mardi que des changements étaient nécessaires pour améliorer les soins et remédier à une pénurie de ressources humaines.

Mardi, un certain nombre de manifestations ont eu lieu devant les hôpitaux touchés. Le chef de l’opposition libérale, Kevin Vickers, s’est dit prêt à faire tomber le gouvernement relativement à ce dossier.

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