La fièvre des Canadiens remplace la COVID-19 dans les conversations au Québec

MONTRÉAL — L’attrait des Canadiens de Montréal, qui mène 2-1 dans sa série demi-finale contre les Golden Knight de Vegas, attire quelques touristes inattendus dans la métropole québécoise.

Philippe Fontaine est venu en compagnie de sa famille de Sept-Îles. Il a conduit pendant les 14 heures du trajet pour venir voir jouer son équipe favorite pour la première fois depuis plus de sept ans.

«C’est tellement extraordinaire de sortir pour ça et de se promener», lance-t-il avant de scander le traditionnel «Go Habs Go» avec sa famille.

Un groupe de fringants ontariens ne voulaient pas rater leur chance eux non plus. Alexander Vizier est ses amis sont venus de Marathon, dans le nord de la province, pour venir sentir l’atmosphère. Une randonnée de 17 heures.

L’intérêt de ce voyage a été amplifié par la possibilité d’oublier, ne serait-ce que pendant quelques heures, la pandémie de COVID-19. 

«C’est encore plus phénoménal parce qu’on est en train de sortir de la COVID-19, s’exclame M. Vizier. C’est encore mieux qu’en temps normal.»

À l’instar des autres clubs de la LNH, les Canadiens ont disputé la grande majorité de leurs matches locaux devant des gradins vides en raison des directives de la santé publique mises en place pour combattre la COVID-19. La progression de l’équipe en série a coïncidé avec la levée ou l’atténuation d’un grand nombre de mesures.

Les partisans, en moins grand nombre qu’à la normale, ont pu assister aux matches à l’intérieur du Centre Bell. Le gouvernement québécois avait permis le mois dernier à la concession d’accueillir jusqu’à 2500 fans. La capacité maximale est passée à 3500 pour tous les événements culturels et sportifs.

Selon Stuart Ashton, le co-propriétaire d’un bar sportif du centre-ville de Montréal, la combinaison du succès des Canadiens en séries, du déclin du nombre de cas de COVID-19 et la levée de certaines mesures contribuent à la sensation que quelque chose de formidable est en train de se produire.

«Il y a de l’effervescence dans l’air. Tous sont emballés au sujet des succès des Canadiens. Et tout ça coïncide avec la réouverture des bars et des restaurants», s’enthousiasme M. Ashton.

Il a commencé à travailler au Pub McLean en 1995, deux ans après la dernière conquête de la Coupe Stanley par le Tricolore. Cette année, il ressent quelque chose de différent.

«Chaque match, l’intensité grimpe d’un échelon. Ça devient de plus en plus excitant, souligne-t-il. C’est bon pour les affaires. Nous étions fermés depuis huit mois. Ça nous aide à nous relancer.»

Santana Enrique, le propriétaire du Sports Crescent au centre-ville de Montréal, attribue lui aussi la relance de son sa boutique de vêtements d’équipes sportives au succès des Canadiens.

Avant que les Canadiens n’éliminent les Maple Leafs de Toronto, personne ne voulait acheter un article lié au hockey, raconte-t-il. C’est un nouveau virus, pas la COVID, c’est celui des Canadiens que tous sont en train d’attraper.

M. Enrique espère que la chance du Tricolore lui permettra de conquérir une nouvelle Coupe Stanley et de ressentir encore plus fortement que la vie reprend son cours normal.

«Nous vivons une vie normale. Nous vivons la vie comme en 1993.»

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