La Fondation du CHU Sainte-Justine annonce un don de 40 millions $

MONTRÉAL — Un don de 40 millions $ dévoilé jeudi par la Fondation du CHU Sainte-Justine devrait accélérer les découvertes dans la lutte contre le cancer, a-t-on annoncé jeudi, et possiblement permettre de sauver un jour la vie d’enfants pour qui on ne peut actuellement rien faire.

Ce don est présenté comme «le plus grand (…) jamais fait à un centre hospitalier au Québec». Il est fait à titre personnel par Michel Lanteigne et Diane Blais, deux anciens hauts dirigeants de la firme comptable Ernst & Young.

Le fils de M. Lanteigne, Benoit, a succombé à une leucémie à l’âge de huit ans en 1989. Le Bâtiment des unités spécialisées du CHU Sainte-Justine sera rebaptisé en son honneur en reconnaissance de ce don.

Une partie du don permettra la création d’un Fonds pour l’essor de traitements novateurs en hémato-oncologie, qui a été développé par les docteurs Sonia Cellot, Michel Duval et Elie Haddad, en collaboration avec le directeur de la recherche du CHU Sainte-Justine, le docteur Jacques L. Michaud.

«C’est un don hautement stratégique pour la recherche en oncologie, pour la lutte contre les cancers des enfants, a dit le docteur Michaud en entrevue, avant l’annonce officielle du don. On a de la difficulté à guérir tous les enfants qui ont un cancer. On a fait des progrès extraordinaires au cours de la décennie, mais il y a encore 20 % des enfants qui ont un cancer qui décèdent. On a besoin de nouvelles armes, de nouvelles stratégies.»

Plafonnement

Après des progrès fulgurants, le taux de guérison des enfants atteints d’un cancer plafonne à environ 80 % depuis quelques années.

Ce plafonnement découle en partie de la tendance qu’ont eue les chercheurs, au cours des dernières décennies, «à utiliser un peu la même recette pour tous les cancers, sans vraiment développer des stratégies thérapeutiques qui sont vraiment ciblées, qui prennent en compte la spécificité de chacun des cancers», a expliqué le docteur Michaud.

La réalité, poursuit-il, est que les cancers «sont très hétérogènes, très complexes, chacun a un profil différent».

Des «technologies révolutionnaires» comme la génomique, l’édition de gènes, la manipulation de cellules souches, le criblage de librairies de petites molécules et l’intelligence artificielle pourraient notamment permettre de transformer les soins aux enfants aux prises avec un cancer, a-t-on précisé par voie de communiqué.

«Avec les nouvelles technologies, on a bon espoir de vraiment arriver à traiter de façon plus spécifique les cancers, a conclu le docteur Michaud. On pense que ça va nous permettre de franchir la ligne d’arrivée et de guérir tous les enfants.»

Environ 350 enfants reçoivent chaque année un diagnostic de cancer au Québec.

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