La France demeure déterminée à frapper d’une taxe les entreprises numériques

PARIS — La France a toujours l’intention d’aller de l’avant avec l’établissement d’une taxe pour des entreprises numériques comme Google et Facebook malgré les menaces de représailles du président américain Donald Trump, a annoncé samedi le ministre des Finances Bruno Le Maire.

Il a répété que la mesure ne ciblait pas les entreprises américaines. «C’est notre intérêt collectif de parvenir à une juste taxation des activités digitales dans le monde», a lancé le ministre.

M. Le Maire a expliqué que la taxe de 3 pour cent, qui entrera en vigueur la semaine prochaine, est une mesure temporaire en attendant la conclusion d’une entente internationale à ce sujet. La France veut travailler «main dans la main» avec ses amis américains, a-t-il ajouté.

Cette taxe frappera les entreprises qui utilisent les données des consommateurs pour vendre de la publicité en ligne. Elle vise à empêcher les multinationales d’installer leur siège social européen dans des pays de l’Union européenne à faible fiscalité. Actuellement, des entreprises comme Google, Amazon, Facebook, Apple, Airbnb et Uber paient très peu d’impôts dans des pays comme la France.

Le gouvernement Trump affirme que cette taxe est discriminatoire et ne vise que des entreprises américaines. En réalité, elle frappe toutes les entreprises numériques internationales dont les revenus annuels dépassent les 835 millions US $ et les ventes sur le territoire français atteignent 27 millions $. Une trentaine d’entreprises établies en Chine, aux États-Unis et en Europe, seront touchées par cette mesure fiscale.

M. Le Maire a souligné que la taxe sera uniquement prélevée sur les ventes réalisées en France.

Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthize, a lancé une enquête pour vérifier si cette taxe était discriminatoire et excessive et si elle nuisait au commerce américain. S’il en jugeait ainsi, cela permettrait à M. Trump d’imposer des droits en représailles.

Dans ces micromessages, M. Trump s’est moqué du vin français, laissant sous-entendre qu’il pourrait imposer des mesures de représailles sur ce produit.

Environ 20 pour cent du volume de vin produit en France sont vendus aux États-Unis. La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux a exprimé ses inquiétudes au sujet des menaces américaines qui pourraient frapper «les acteurs français dans ce marché, mais aussi les consommateurs américains». Elle a exhorté les deux pays à poursuivre les discussions au sujet de la taxe.

Selon M. Le Maire, les États-Unis ne devraient pas mélanger les deux sujets. Il a fait remarquer que les vins européens étaient déjà frappés par des droits aux États-Unis, tout comme le vin américain en Europe. Il a dit espérer la conclusion d’un accord d’ici la fin du mois d’août.