La FTQ accueille en ses rangs un syndicat de 1200 notaires

MONTRÉAL — Quelque 1200 notaires syndiqués viennent de s’affilier à la FTQ.

La syndicalisation des notaires peut paraître inusitée, mais les avocats de l’aide juridique aussi sont syndiqués, de même que les procureurs de la Couronne, par exemple. Mais les notaires sont des travailleurs autonomes, et non des salariés — ce qui complique la chose au plan syndical.

«Tout le monde pensait que vu qu’on est des travailleurs autonomes, on ne pouvait pas se rallier à une grande centrale syndicale», a relaté Me Roberto Aspri, président de l’Union des notaires du Québec, en entrevue avec La Presse Canadienne, vendredi.

«On a rencontré les gens de la FTQ, il y a de cela environ quatre ans et demi, et on leur a expliqué notre cas: la problématique du notariat, la rémunération, la guerre de prix, l’absence de régime de retraite. On avait besoin de leur assistance. Ils nous ont dit: « écoutez, on va trouver une façon de travailler ensemble; ce serait une première d’avoir un tel syndicat professionnel, et non un syndicat de travailleurs, à la FTQ »», a raconté Me Aspri.

En fait, ce syndicat est né en décembre 2014, mais il n’y avait jamais eu auparavant d’affiliation à une centrale syndicale.

Revendications

Entre autres revendications, l’Union des notaires veut négocier de meilleurs honoraires avec le ministère de la Justice. Me Aspri souligne que les honoraires n’ont guère bougé depuis 30 ans. Il y a eu une guerre de prix pour s’attirer des parts de marché et les honoraires des notaires ont écopé, déplore-t-il.

Le syndicat veut aussi négocier un régime de retraite et une meilleure protection pour les notaires, comme un contentieux.

«C’est un des volets les plus importants: mettre en valeur la contribution des notaires dans la société.» La profession a besoin d’être revalorisée et «mieux connue», fait valoir Me Aspri.

L’Union des notaires veut également créer un centre de stages pour attirer des étudiants en techniques juridiques dans les cabinets de notaires.

«Bien trop souvent, le public ignore en quoi consiste le travail des notaires, quelles sont leurs responsabilités et quelle est la valeur qu’ils apportent à une transaction par leur compétence. En choisissant la FTQ, les notaires se donnent une voix supplémentaire pour revendiquer entre autres des changements législatifs afin d’améliorer leur condition d’exercice d’emploi», a commenté pour sa part le président de la FTQ, Daniel Boyer.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec compte plus de 600 000 membres et 5000 syndicats locaux.

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