La FTQ et la CSN demanderont 18 $ l’heure dans les résidences privées pour aînés

MONTRÉAL — La FTQ et la CSN se donnent la main pour négocier un salaire d’au moins 18 $ l’heure pour les préposés aux bénéficiaires et les autres employés dans les résidences privées pour aînés où elles ont des membres.

Le gouvernement du Québec verse présentement une subvention de 4 $ l’heure à ces résidences privées, afin de freiner l’exode des préposés et des autres employés. La mesure avait été adoptée au début de la pandémie de la COVID-19. Or, cette subvention tire à sa fin; elle doit prendre fin graduellement à compter du 31 décembre.

Les résidences ayant 149 unités ou moins toucheraient 80 % du 4 $ l’heure, celles de 150 à 199 unités toucheraient 40 % du 4 $ l’heure et celles de 200 unités et plus, 20 % du 4 $ l’heure.

Avec des subventions gouvernementales réduites, les salaires dans les RPA risquent de chuter.

Appréhendant de voir les salaires reculer, la FTQ et la CSN ont décidé de mener ensemble une bataille pour obtenir pour ces travailleurs — qui sont surtout des travailleuses — un salaire d’au moins 18 $ l’heure. Pas seulement pour les préposés aux bénéficiaires, mais pour l’ensemble des travailleurs dans ces résidences.

En conférence de presse vendredi à Montréal, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a fait état d’un salaire pour les préposés aux bénéficiaires en 2019-2021 qui serait de 14,77 $ au bas de l’échelle et de 16,21 $ au haut de l’échelle.

Fait à noter, le salaire minimum est de 14,25 $ l’heure au Québec depuis le 1er mai.

«Lorsqu’une personne dans les cuisines, dans une RPA, après deux, trois ans d’ancienneté, gagne moins cher que si demain matin je m’en vais travailler dans un McDonald’s, il y a un sérieux problème», a dénoncé François Énault, premier vice-président de la CSN, aux côtés de M. Boyer.

«Tous les profits que ces gros joueurs-là font, tout l’argent qu’ils se mettent dans les poches… les premières victimes de la cupidité de ces grands et de ces gros joueurs-là, c’est les personnes aînées et c’est aussi nos travailleurs», a tonné Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), un des grands syndicats affiliés à la FTQ qui représente des milliers de ces travailleuses dans ces résidences.

«Il n’y a pas de stabilité de personnel. On a un roulement de plus de 50 % dans nos résidences pour personnes aînées. Imaginez-vous en train de recevoir par semaine des soins, souvent des soins intimes, par cinq, six personnes différentes. Ça n’a aucune allure», s’est exclamée Mme Nelson.

Cette négociation posera un défi particulier aux deux centrales syndicales, puisque les employeurs sont différents, que certains font partie de grandes chaînes, alors que d’autres sont de petites résidences, et que les dates d’échéance des conventions collectives diffèrent.

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