La fusillade à Orlando a eu un grand impact sur la communauté LGBT musulmane

TORONTO – Au moment où les autorités enquêtent sur le massacre perpétré par un musulman américain dans un bar gai d’Orlando, en Floride, l’horreur de l’attaque se fait particulièrement sentir par les musulmans de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT).

Pour certaines personnes s’identifiant à la fois aux communautés musulmane et LGBT, l’attaque et ses répercussions semblent avoir braqué les projecteurs sur la confluence de l’homophobie et de l’islamophobie.

Le militant gai El-Farouk Khaki, cofondateur de la mosquée Unity à Toronto, prévoit tenir une cérémonie de prières pour les victimes de la fusillade, vendredi, mais le lieu du service n’a pas été indiqué publiquement pour assurer «la sécurité physique et spirituelle» de l’assemblée.

Quiconque souhaite y assister doit envoyer un courriel à la mosquée ou accompagner un fidèle, a ajouté M. Khaki.

Le motif de la fusillade en Floride n’a toujours pas été déterminé, mais certains rapportent que le tireur, Omar Mateen, fils d’immigrants afghans, fréquentait régulièrement le bar attaqué. Quarante-neuf personnes ont été tuées lors du massacre survenu dans la nuit de samedi à dimanche et des dizaines d’autres ont été blessées.

Alors que les États-Unis, le Canada et le reste du monde pleuraient les victimes, M. Khaki a remarqué certaines réactions brutales.

«J’ai constaté un déluge de solidarité et d’amour à l’endroit de la communauté LGBTIQ (lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre, transsexuelle, intersexe ou queer) dans son ensemble, mais j’ai aussi vu le contraire, a-t-il déploré. C’est très haineux à l’endroit des musulmans.»

Une telle tragédie souligne certaines des difficultés vécues par les musulmans qui s’identifient aux minorités sexuelles.

«Il y a cette notion voulant que l’islam soit un monolithe et que les musulmans soient un monolithe et qu’il n’existe pas de musulmans LGBTIQ. Nous devenons donc parfois invisibles, a-t-il fait remarquer. Nous sommes invisibles dans la communauté LGBT en général, nous sommes invisibles dans la communauté musulmane.»

Pour Rasheed, un réfugié syrien récemment arrivé au Canada après avoir été menacé à cause de son orientation sexuelle, l’attaque à Orlando provoque la crainte d’être persécuté à nouveau.

«Je me suis senti très mal et j’ai eu vraiment peur au début», a expliqué le résidant de Toronto, qui a demandé d’être identifié uniquement par son prénom, craignant pour la sécurité de sa famille en Syrie.

«J’avais peur des gens, de leur réaction. Certaines personnes ignorantes pourraient généraliser et croire que tous les musulmans sont comme cela.»

Rasheed a participé à une vigile en hommage aux victimes de la fusillade en compagnie d’amis libanais membres de la communauté LGBT. Il raconte que le soutien dont il a été témoin, particulièrement la lecture de certaines prières du Coran pour les victimes du massacre, l’a soulagé.