La GRC doit mieux protéger ses secrets, selon un examen interne

OTTAWA — Un examen interne de la GRC, réalisé à la suite de l’arrestation d’un officier supérieur pour avoir prétendument révélé des informations secrètes, exhorte la police fédérale à faire un virage important dans son approche pour mieux protéger ses secrets.

L’exemple doit aussi venir de haut, recommande l’étude.

L’examen formule 43 recommandations, notamment sur la formation, un plus grand respect des normes fédérales de sécurité pour le dépistage et même l’autorisation de mener des fouilles corporelles aléatoires.

L’exercice «a confirmé des lacunes dans la sécurité de la GRC qui doivent être comblées.»

«La sécurité à la GRC peut et doit être améliorée afin de réduire les menaces contre la police fédérale et protéger le public», peut-on lire dans le rapport.

La mission avait été confiée à un ancien superintendant de la GRC à la retraite à la suite de l’arrestation, en septembre de 2019, du directeur général du Centre national de coordination du renseignement de la GRC, Cameron Jay Ortis.

Ortis est accusé d’avoir contrevenu à la Loi sur la protection de l’information. Il aurait tenté de divulguer des informations secrètes à «une entité étrangère». Il est aussi accusé d’abus de confiance et d’avoir commis une infraction de nature informatique. Son procès doit commencer l’an prochain.

Le rapport, commandé par la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a examiné les facteurs organisationnels relativement au personnel, aux installations et aux technologies de l’information. Il s’est aussi penché sur les «menaces intérieures» au sein du corps policier.

Le rapport a été terminé en juin 2020. Il n’a été remis à La Presse Canadienne que récemment, 19 mois après une demande formulée en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Plusieurs portions du document de 78 pages ont été caviardées.

Selon le rapport, un plan de gestion a été élaboré afin de proposer des pistes de réflexion sur les changements que peut apporter la GRC. Au sujet des mesures spécifiques à mettre en place par la police fédérale, celle-ci indique que les efforts étaient toujours en cours.

«La GRC est déterminée à aborder les recommandations émanant de l’examen. Celui-ci procure à l’organisation l’occasion de moderniser nos pratiques de sécurité, a indiqué une porte-parole de la GRC, Robin Percival. Nous allons continuer d’examiner et d’adapter nos mesures de sécurité pour protéger les renseignements, les informateurs et le public en tenant compte de l’environnement en constante évolution que doit affronter une force de police nationale.»

L’examen a notamment permis de constater que la formation sur la sensibilisation à la sécurité n’était pas obligatoire à la GRC. Pis encore, celle qui était donnée était obsolète. 

Autre fait troublant: il existait une attitude généralisée voulant que les restrictions pour des raisons de sécurité dussent être contournées afin de faire son boulot.

Les ressources pour vérifier les antécédents des nouveaux et des anciens employés et étaient limitées, ce qui signifie que cet exercice accusait des retards.

Le rapport recommande plusieurs changements au sein de la GRC. On souhaite que la police fédérale renforce le rôle et l’influence de son principal responsable à la sécurité. Les autres veulent aussi qu’elle mette en œuvre les mêmes normes de vérification que celles du Conseil du Trésor et de mette en place de la formation obligatoire pour mieux se préoccuper des menaces internes et bien sensibiliser les employés à l’importance de la sécurité.

«La grande majorité des employés de la GRC sont dédiés et loyaux, mais les présumées actions d’Ortis démontre que nous ne pouvons plus accorder notre confiance sans vérification régulière.» 

Le rapport conclut que la mise en œuvre de ses recommandations doit être réalisée «de concert avec une modification réelle de la culture de sécurité au sein de la GRC jusqu’au plus haut échelon de l’organisation.»

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