La GRC et l’ASFC «contrôlaient» conjointement Mme Meng à l’aéroport, selon la défense

VANCOUVER — Un policier de la GRC qui avait été impliqué dans l’arrestation de Meng Wanzhou à l’aéroport de Vancouver il y a deux ans a déclaré mardi que la police fédérale serait intervenue si la dirigeante de Huawei avait tenté de s’enfuir lorsqu’elle était sous la garde de douaniers.

Le sergent Ross Lundie, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a terminé son témoignage, mardi, en Cour suprême de la Colombie-Britannique, dans le cadre d’une audience visant à déterminer l’admissibilité de certaines preuves dans la future cause d’extradition de Meng Wanzhou. La dirigeante de Huawei est accusée aux États-Unis de fraude.

Ses avocats tentent de prouver que la GRC et l’Agence des services frontaliers du Canada ont coordonné une enquête criminelle secrète, sous le couvert d’un contrôle d’immigration de routine à la frontière, afin de recueillir des preuves pour les enquêteurs américains dans le cadre de la poursuite aux États-Unis.

Tous les policiers de la GRC et les agents frontaliers qui ont témoigné jusqu’à présent ont déclaré au tribunal qu’ils considéraient leur organisation respective comme entretenant de bonnes relations avec l’autre, mais qu’elles avaient des mandats distincts et indépendants.

En contre-interrogeant le sergent Lundie, Richard Peck, l’un des avocats de Mme Meng, a cherché à démontrer que ces frontières étaient plus floues entre les deux organisations. M. Lundie a convenu que des policiers de la GRC observaient Mme Meng alors qu’elle était interceptée par des agents des services frontaliers, à sa descente d’avion. Il a aussi admis que des policiers de la GRC observaient son entretien d’immigration, dans une pièce voisine dotée d’un miroir sans tain.

«À partir du moment où Mme Meng a été accueillie par l’Agence des services frontaliers à la porte d’embarquement, elle ne pouvait plus quitter l’aéroport qu’une fois arrêtée par la GRC», a suggéré Me Peck au sergent Lundie, qui a acquiescé.

Me Peck a poursuivi en plaidant que Mme Meng était, de fait, sous le «contrôle» de la GRC et des agents des services frontaliers à l’aéroport.

«Elle était examinée par l’ASFC et nous étions là, notre présence était là», a admis le policier.

«Vous ne l’auriez pas laissée s’enfuir», ajoute l’avocat, sans être contredit par le témoin.

Les avocats de Mme Meng rassemblent des preuves pour plaider l’abus de procédure l’année prochaine. Ils soutiendront alors que cette arrestation a été exécutée illégalement et que Mme Meng devrait être libérée.

La directrice financière de Huawei est recherchée aux États-Unis pour fraude et complot; les autorités américaines soutiennent qu’elle a trompé des banquiers d’affaires sur les liens de l’entreprise chinoise avec une société iranienne.

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