La GRC offre ses condoléances à la famille du sergent Pierre Lemaître

OTTAWA — La commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a offert les «plus sincères condoléances» du corps policier à la famille d’un ancien porte-parole qui, selon ce qui a été dit dans le cadre d’une récente enquête du coroner, a éprouvé des problèmes de santé mentale avant de se suicider en 2013.

Le jury d’une enquête du coroner a recommandé cette semaine à la GRC de passer en revue ses stratégies en matière de santé mentale et d’offrir une variété de formations en santé mentale à ses employés dans la foulée du décès de Pierre Lemaître, qui était sergent.

Selon les preuves présentées durant l’enquête, M. Lemaître a fourni l’information que la GRC lui avait demandé de donner aux médias au sujet de la mort de Robert Dziekanski à l’aéroport international de Vancouver en 2007 avant d’apprendre plus tard l’existence d’une vidéo contredisant certaines de ses déclarations.

Sheila Lemaître a raconté durant l’enquête, qui s’est déroulée à Burnaby, en Colombie-Britannique, que son mari avait supplié ses supérieurs de le laisser rectifier le tir, mais qu’il avait reçu l’ordre de ne rien faire et avait été profondément ébranlé par les reportages l’accusant d’avoir manipulé les médias et d’être un menteur.

Dans un communiqué publié vendredi, la commissaire Brenda Lucki s’est engagée à poursuivre la mise en oeuvre des mesures nécessaires au soutien de la santé mentale des employés de la GRC et a assuré que le corps policier accueillait de manière favorable les recommandations de l’enquête.

Mme Lucki a affirmé que la mort de Pierre Lemaître était une tragédie qui mettait en évidence la nécessité de continuer à investir dans la santé, le bien-être et la sécurité des employés et de leur famille.

«La maladie mentale est un problème très réel et urgent», a -t-elle indiqué.

«Nous devons nous assurer que les employés et leur famille connaissent les programmes et services de soutien à leur disposition et qu’ils y ont accès. Nous devons protéger de façon proactive les membres des répercussions des traumatismes et des blessures de stress opérationnel, et favoriser une culture qui appuie ceux qui sont touchés, directement ou indirectement, par des problèmes de santé mentale.»

La commissaire a assuré que la GRC était heureuse de saisir toutes les occasions possibles pour examiner les modalités et les procédures en vigueur afin de fournir le meilleur soutien à ses employés et, par le fait même, les meilleurs services au public.

Elle a ajouté que la GRC analyserait chaque recommandation et fournirait une réponse écrite au service des coroners de la Colombie-Britannique.

«À ceux qui souffrent ou qui ont besoin de soutien, n’hésitez pas à demander de l’aide. Vous n’êtes pas seul», a conclu Brenda Lucki.

Atoya Montague, un ancien stratège média pour la GRC, a confié durant son témoignage que Pierre Lemaître avait été utilisé pour débiter une fausse histoire au sujet de la mort de Robert Dziekanski, un Polonais ne parlant pas anglais qui avait commencé à donner des signes d’agitation après avoir erré dans le terminal des arrivées de l’aéroport pendant 10 heures.

Après l’incident, M. Lemaître avait déclaré devant les reporters que les agents avaient eu affaire à un homme agressif et qu’ils l’avaient atteint deux fois avec un pistolet électrique Taser. Deux jours plus tard, une vidéo avait toutefois fait surface, montrant que M. Dziekanski était relativement calme à l’arrivée des policiers et que ces derniers avaient utilisé le Taser à cinq reprises contre l’homme.

Le jury de l’enquête a formulé cinq recommandations, dont que la GRC effectue une évaluation psychologique en même temps que l’examen physique obligatoire que ses employés doivent subir tous les trois ans et qu’elle fournisse de la formation aux proches des agents qu’elle embauche afin qu’ils aient une idée des problèmes de santé mentale potentiels auxquels ils pourraient être confrontés.

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