La GRC rouvrira des dossiers d’agressions sexuelles qui avaient été classés

OTTAWA – La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué jeudi qu’elle rouvrira des dossiers de plaintes pour agressions sexuelles qui avaient été jugées sans fondement en 2016.

La police fédérale veut ainsi se conformer à ses nouvelles politiques et procédures en matière de plaintes pour agressions sexuelles. La GRC fera aussi l’examen «d’un échantillon de dossiers antérieurs» afin de s’assurer qu’ils ont été traités avec toute l’attention requise.

Le quotidien «The Globe and Mail» soutenait récemment qu’il avait mis au jour de graves lacunes dans la façon dont les policiers traitent les plaintes pour agressions sexuelles au Canada. En analysant des données obtenues auprès de divers corps policiers du pays grâce aux lois sur l’accès à l’information, le «Globe and Mail» a découvert qu’environ une plainte d’agression sexuelle sur cinq est classée par les services policiers comme étant «non fondée».

Or, le quotidien s’est aussi aperçu que ces chiffres varient énormément d’une province et d’une ville à l’autre — et parfois entre des villes d’une même région.

Dans un communiqué publié jeudi, la GRC réplique qu’il «peut être ardu et complexe pour les enquêteurs de déterminer les circonstances précises entourant une allégation d’agression, et de recueillir et préserver la preuve».

La police fédérale explique qu’elle a récemment revu «ses politiques, ses procédures et ses programmes de formation» pour s’assurer d’appliquer «les pratiques policières les plus efficaces qui soient». La GRC rappelle aussi qu’elle a actualisé sa politique nationale sur les infractions sexuelles, qui «comporte des critères supplémentaires pour aider à bien classer une enquête».

«Si l’examen entrepris révélait des lacunes dans la manière actuelle d’enquêter sur des agressions sexuelles, la GRC étendra son examen à plus de dossiers et verra s’il lui faut faire une nouvelle mise à jour de sa politique ou de sa formation», précise-t-on. «La GRC a un mandat unique qui l’amène à fournir des services de police à des partenaires contractuels provinciaux, territoriaux et municipaux, aussi elle doit s’assurer d’offrir une réponse nationale coordonnée et adéquate.»

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait demandé à tous les policiers de revoir leur traitement réservé aux plaintes pour agressions sexuelles au pays, et plusieurs services ont entrepris cet examen. Plus tôt cette semaine, la Police provinciale de l’Ontario a annoncé qu’elle rouvrirait environ 4000 affaires d’agressions sexuelles qui avaient été classées comme étant «non fondées», de 2010 à 2014.

Note to readers: Ceci est une version corrigée. Dans la version précédente, on évoquait les «lacunes dans la façon dont des policiers de la GRC traitent les plaintes». L’enquête du Globe vise les policiers en général.