La grève des 3600 ambulanciers syndiqués à la CSN est reportée

MONTRÉAL – Les 3600 ambulanciers paramédicaux syndiqués à la CSN, qui devaient débrayer à compter des 16 et 17 décembre, reportent leur grève à une date indéterminée, a appris La Presse Canadienne.

L’audience qui devait avoir lieu lundi devant le Tribunal administratif du travail pour déterminer les services essentiels à maintenir durant le débrayage a été annulée le matin même, après que les syndicats d’ambulanciers eurent transmis des «avis de non-recours à la grève».

Malgré les termes juridiques utilisés de «non-recours à la grève», celle-ci n’est toutefois pas annulée, seulement suspendue.

D’ailleurs, des communications internes au sein de ces syndicats d’ambulanciers paramédicaux indiquent que «la grève est suspendue afin de nous donner le temps d’évaluer avec tous les syndicats, le 15 décembre, un certain nombre de considérations qui apparaissent importantes».

Le processus habituel veut que le Tribunal administratif du travail doive d’abord tenir une séance de conciliation entre les parties, pour voir s’il y a moyen de s’entendre sur les services essentiels à maintenir en cas de grève et, si une entente n’est pas possible, tenir une audience pour entendre les représentations des parties à ce sujet. C’est tout ce processus qui a été annulé à la dernière minute, lundi matin.

Cette grève devait au départ avoir lieu à compter du 15 décembre, puis a été reportée aux 16 et 17, selon l’employeur et la ville concernés.

La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN représente 3600 ambulanciers, répartiteurs et employés de soutien qui travaillent tant à Urgences-santé, qui dessert Montréal et Laval, que pour des entreprises ambulancières dans différentes villes du Québec.

Cette négociation a cours dans un contexte incertain, alors que le ministère de la Santé et des Services sociaux a délégué son pouvoir de négociation des conventions collectives aux entreprises ambulancières en leur accordant un budget pour ce faire.

La Corporation des services d’ambulance, qui représente la grande majorité des employeurs à l’extérieur de la métropole, affirme toutefois ne pas être fixée sur la totalité des budgets dont les entreprises disposeront après le 1er avril 2017, ce qui rend difficile de conclure une convention collective à plus long terme.

La semaine dernière, la Corporation a pressé le ministère d’intervenir, de donner l’heure juste quant au budget disponible. La corporation s’estime prise entre l’arbre et l’écorce, entre le ministère et les syndicats.

Mais le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a déjà fait savoir qu’il ne se mêlerait pas du dossier et qu’il appartenait maintenant aux entreprises ambulancières de négocier les conventions collectives avec leur syndicat respectif.

Les points en litige sont nombreux: les salaires, l’organisation du travail, la retraite progressive, les horaires de faction, la charge de travail et les questions de santé et sécurité au travail.

Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

Fait à noter, la FSSS-CSN ne représente pas tous les ambulanciers paramédicaux au Québec. La FTQ en représente aussi 1000 et il existe des syndicats indépendants.