La joie et le désespoir accueillent une fermeture d’usine en N.-É.

NEW GLASGOW, N.-É. — Des sentiments de joie et de désespoir ont accueilli l’annonce de la fermeture prochaine d’une usine de pâte à papier du nord-est de la Nouvelle-Écosse.

La pièce s’est jouée vendredi en deux actes.

Dans un premier temps, le premier ministre de la province Stephen McNeil a annoncé que son gouvernement n’autorisera pas Northern Pulp à continuer de déverser ses effluents vers le havre de Boat Harbour, près du territoire de la Première nation de Pictou Landing, après le 31 janvier.

L’entreprise a ensuite annoncé la fermeture de l’usine de pâte d’Abercrombie, en Nouvelle-Écosse, et a prédit la perte de milliers d’emplois forestiers.

À Pictou Landing, Warren Francis, un pêcheur de homards, reconnaît avoir eu une réaction mitigée. S’il se dit attristé par les pertes d’emploi, il est emballé et heureux par la fin possible du déversement des effluents.

Non loin de là, à New Glasgow, deux employées de Northern Pulp, Kim MacLaughlin et Wanda Skinner, disent craindre pour le bien-être de leur famille.

Mme MacLaughlin et son mari Derek sont tous deux confrontés à des licenciements en raison de la fermeture prochaine, tandis que Mme Skinner, une mère célibataire, se demande comment elle soutiendra sa fille.

M. McNeil a reconnu que sa décision de ne pas accorder à Northern Pulp la permission de déverser ses effluents causerait de la peine et de l’inquiétude aux familles dépendant de l’usine de pâte.

Cependant, il a annoncé un fonds de 50 millions $ pour l’industrie forestière qui sera utilisé pour la formation, l’éducation et une aide financière d’urgence pour les travailleurs.

Vendredi, il a déclaré que le gouvernement libéral «aidera et soutiendra» les travailleurs dans leur transition.

Selon Don MacKenzie, président de la section locale du syndicat Unifor qui représente plus de 300 travailleurs de Northern Pulp, ce montant ne représente qu’une fraction de ce qui serait nécessaire pour aider l’économie rurale à se rétablir.

M. McNeil a déclaré que la société avait cinq ans en vertu d’une loi adoptée en 2015 pour trouver un moyen de cesser de déverser ses effluents dans Boat Harbour. Northern Pulp est encore loin d’une solution.

L’usine, en activité depuis 1967 sous différents propriétaires, a fait l’objet de critiques constantes pour son piètre bilan environnemental.

Elle a notamment déversé des effluents traités dans des lagunes près de Pictou Landing pendant des décennies, et les gouvernements provinciaux successifs ont renié leurs promesses de nettoyer l’estuaire.

Un ancien ministre de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse a décrit le gâchis toxique de Boat Harbour comme l’un des pires cas de racisme environnemental au Canada.