La journaliste canadienne-française Robertine Barry pourrait figurer sur le 5 $

OTTAWA — Robertine Barry, première journaliste canadienne-française et grande féministe au tournant du siècle dernier, figure dans la liste des Canadiens remarquables qui ont été présélectionnés pour possiblement figurer sur le nouveau billet de 5 $.

Née en 1863, Robertine Barry, dite «Françoise», a été la première femme embauchée dans un quotidien au Canada français — à «La Patrie» en 1891. Mme Barry a ensuite fondé, en 1902, «Le Journal de Françoise», destiné surtout à instruire les femmes qui ne pouvaient, à cette époque, aller à l’université ni exercer de profession.

Terry Fox, qui a ému le pays en le parcourant à pied pour sensibiliser la population à la recherche sur le cancer, fait également partie des huit noms que la Banque du Canada a suggérés au gouvernement pour remplacer Wilfrid Laurier sur les billets de 5 $.

La Banque affirme avoir reçu plus de 600 noms de près de 45 000 Canadiens; un comité consultatif a réduit cette liste pour le gouvernement à huit personnalités:

— Pitseolak Ashoona: née au début du 20e siècle, cette artiste inuite autodidacte a exposé partout au Canada et dans le monde. Son art reflète «le mode de vie d’autrefois des Inuits de l’Arctique de l’Est»;

— Robertine Barry: première journaliste canadienne-française, elle a milité notamment pour le droit de vote des femmes, l’éducation postsecondaire et les victimes de violence conjugale; 

— Binaaswi (Francis Pegahmagabow): soldat autochtone le plus décoré de l’histoire du Canada, cet ancien combattant de la Première Guerre mondiale a plus tard défendu les droits des Autochtones au pays;

— Won Alexander Cumyow: né un peu avant la Confédération, en 1861, il serait le premier Sino-Canadien né au pays. Il a utilisé ses compétences linguistiques pour combler les fractures raciales et linguistiques à Vancouver, et a contribué à changer les attitudes à l’égard des Chinois au Canada;

— Terry Fox: son «Marathon de l’espoir» a permis d’amasser des millions de dollars pour la recherche sur le cancer au Canada — ce cancer qui l’a obligé à interrompre sa traversée du pays et l’a finalement emporté. Des courses annuelles sont toujours organisées pour la cause;

— Lotta Hitschmanova: arrivée au Canada en 1942, cette réfugiée d’origine tchèque a fondé le Comité du service unitaire du Canada en 1945. Elle a oeuvré pour aider les gens dans le besoin, en particulier les enfants, en Europe, en Inde, au Népal, en Palestine, en Indonésie et en Afrique;

— Isapo-muxika ou Sahpo Muxika (Pied-de-Corbeau): chef de la Confédération des Pieds-Noirs, dans le Nord-Ouest, il était un défenseur de la paix entre les nations autochtones et les colons européens;

— Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft): chef mohawk et vétéran de la Première Guerre mondiale, il a fondé en 1918 la première organisation autochtone pancanadienne, la «League of Indians of Canada».

Prochaines étapes

C’est la ministre des Finances, Chrystia Freeland, qui prendra la décision finale au début de l’année prochaine. Comme le nouveau billet de 10 $, le nouveau 5 $ sera en polymère et orienté à la verticale. Il devrait être mis en circulation «dans quelques années», indique la Banque du Canada.

En 2018, le billet de 10 $ avait fait l’objet d’une première refonte avec, côté recto, l’image de la militante noire Viola Desmond pour remplacer John A. Macdonald. En 1946, Viola Desmond avait refusé de quitter la section réservée aux Blancs dans un cinéma de Halifax.

De l’autre côté du billet de 10 $, on retrouve maintenant une plume d’aigle, pour représenter le travail en cours sur les droits des Autochtones, une partie de la Charte des droits et libertés et des feuilles de laurier, symbole de justice sur l’édifice de la Cour suprême à Ottawa.

Par ailleurs, la Banque indique que Sir Wilfrid Laurier ne disparaîtra pas de la circulation: il figurera sur l’un des billets de plus grande valeur au pays, comme celui de 50 $ ou de 100 $, lorsqu’ils seront redessinés.

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