La Journée contre la violence à l’égard des femmes lance «16 jours d’activisme»

MONTRÉAL — La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, lundi, marquait aussi le début de «16 jours d’activisme» pour braquer les projecteurs sur ce fléau social.

La campagne canadienne «16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe» se termine le 10 décembre, avec la Journée internationale des droits de la personne. La campagne coïncide par ailleurs cette année avec un triste anniversaire: il y a 30 ans, le 6 décembre 1989, Marc Lépine assassinait 14 femmes à l’École polytechnique de Montréal, parce qu’elles étaient des femmes.

La ministre québécoise responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a rappelé lundi dans un communiqué qu’«au Québec comme à l’international, les femmes et les filles demeurent les principales victimes des agressions sexuelles, de l’exploitation sexuelle et de la violence conjugale».

«Malgré d’importantes avancées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, il reste encore du travail à faire, soutient la ministre. La persistance d’actes de violence dont demeurent majoritairement victimes les femmes, la banalisation de ceux-ci et les manifestations de sexisme demeurent omniprésentes.»

Son homologue à Ottawa, Maryam Monsef, ministre fédérale des Femmes et de l’Égalité des genres, a déclaré que le thème de la campagne cette année, #NosGestesComptent, démontre que «personne ni aucun gouvernement ne peut à elle seule ou à lui seul mettre un terme à la violence fondée sur le sexe».

«Pour faire de nos foyers, nos collectivités et nos milieux de travail des lieux sécuritaires, il faut l’appui et l’engagement de chacune et chacun d’entre nous», a-t-elle dit. La ministre Monsef soutient que la campagne offre «une occasion de réfléchir et de renouveler son engagement à mettre fin à la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes de toutes les identités et expressions de genre au Canada et dans le monde».

«Les femmes représentent la vaste majorité des personnes victimes de violence sexuelle, c’est-à-dire neuf personnes survivantes d’agressions sexuelles sur dix et près de huit victimes d’homicides commis par un partenaire intime sur dix, rappelle la ministre fédérale. Les recherches démontrent que les personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles sont deux fois plus à risque de faire l’objet d’un crime violent, et que les personnes non binaires, transgenres, bispirituelles ou d’une diversité de genres connaissent des niveaux élevés de violence au Canada.»

Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau s’était engagé à consacrer plus de 200 millions $ à une stratégie visant à résoudre ce problème. Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux ont promis 30 millions $ de plus pour élaborer un plan d’action national.