La juge de la Cour du Québec Suzanne Vadboncoeur s’est excusée pour ses propos

MONTRÉAL – La juge Suzanne Vadboncoeur a admis avoir tenu des propos inappropriés envers un constable parce que la porte du garage du palais de justice de Montréal ne s’ouvrait pas en décembre dernier. Et lors d’une audience vendredi devant un comité d’enquête du Conseil de la magistrature, elle a aussi présenté ses excuses.

La juge de la Cour du Québec a fait l’objet d’une plainte à la magistrature pour son comportement le soir du 8 décembre dernier, après une fête de Noël des juges.

Selon des témoins, dont un autre juge, Mme Vadboncoeur a crié, agité les bras et insulté au moins un constable parce que la porte du garage ne s’ouvrait pas.

Mme Vadboncoeur a témoigné à son tour vendredi, à Montréal.

Elle a reconnu candidement avoir perdu le contrôle le soir du 8 décembre, s’être emportée et avoir utilisé un langage inapproprié et discourtois à l’égard d’un constable, a expliqué en entrevue téléphonique son avocat, Jean-Claude Hébert.

Elle s’est aussi excusée pour trois raisons, a-t-il poursuivi. D’abord, auprès de la magistrature parce qu’elle croit que son comportement pourrait rejaillir négativement sur la profession, deuxièmement, auprès des personnes, surtout le constable Robert David Jean, qui auraient pu être blessées par ses paroles et son attitude, et, finalement, parce que les procédures de la plainte n’avaient pas été faciles à vivre pour elle.

Me Hébert a précisé que sa cliente avait eu une carrière «admirable et sans reproche».

La juge a aussi démontré qu’il existait des contradictions entre certains témoins et a affirmé ne pas se rappeler avoir lancé des jurons, comme cela lui a été reproché, surtout que cela n’est pas conforme à son langage habituel, a relaté Jean-Claude Hébert.

L’avocat qui assistait le comité d’enquête, Sylvain Trudel, a présenté de la preuve visant à démontrer que Mme Vadboncoeur n’avait pas respecté l’article 8 du Code de déontologie de la magistrature qui prévoit que, dans son comportement public, le juge fasse preuve de réserve, de courtoisie et de sérénité.

À cet égard, Me Hébert dit avoir informé le comité qu’il devra, entre autres, déterminer si la juge avait eu ce comportement dans «une aire publique», puisqu’il s’agit d’un incident survenu dans le stationnement souterrain du palais de justice de Montréal et non pas d’un esclandre dans un restaurant.

Et puis, a-t-il ajouté, personne ne savait qu’il s’agissait d’une juge quand l’événement s’est produit. Cela ne peut donc pas avoir déconsidéré la profession à ce moment, a-t-il estimé.

Me Trudel a indiqué dans un courriel qu’il ne pouvait pas commenter le dossier.

Le comité a pris l’affaire en délibéré et présentera ses recommandations au Conseil de la magistrature.

Si le comité accueille la plainte, il peut suggérer une réprimande ou la destitution, mais cette dernière sanction est très rare, a souligné Me Hébert.

Cette affaire a aussi refait surface cette semaine en raison de la perquisition menée par la Sûreté du Québec, mercredi soir, au «Journal de Montréal» et la saisie de l’ordinateur du reporter judiciaire Michaël Nguyen.

Les policiers sont intervenus à la suite d’une plainte du Conseil de la magistrature selon laquelle le journaliste aurait eu accès illégalement à des documents confidentiels, ce qui lui aurait permis de rapporter certains renseignements au sujet de la juge Vadboncoeur en juin dernier.

Le «Journal de Montréal» compte contester vigoureusement cette saisie.

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