La candidate conservatrice Annie Trudel se reconnaît dans l’histoire de Mark Norman

OTTAWA — La lanceuse d’alerte Annie Trudel, qui se présentera dans la circonscription de Terrebonne pour le Parti conservateur du Canada, souhaite en faire plus pour protéger les dénonciateurs contre «l’ingérence politique».

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Trudel dit qu’elle se reconnaît dans l’histoire du vice-amiral Mark Norman, qui a été accusé d’avoir coulé des informations au chantier naval Davie, puis blanchi. Elle se dit choquée de voir que le gouvernement Trudeau a tenté de passer à autre chose en lui payant ses frais d’avocats.

«C’est sûr que ça m’a interpellée parce qu’avec ma situation personnelle, étant ce qu’elle est, je sais pertinemment bien ce que quelqu’un comme M. Norman peut avoir vécu», a confié celle qui s’est fait connaître pendant la commission Charbonneau avec des allégations sur le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Le député bloquiste de Terrebonne, Michel Boudrias, aussi un ex-militaire, a rejeté cette comparaison du revers de la main. Il juge que les conservateurs sont tout aussi coupables que les libéraux dans l’affaire Norman.

«Aujourd’hui, qu’on vienne me dire que certaines personnes se reconnaissent en l’affaire Norman, c’est de la bouillie pour les chats en ce qui me concerne. Il faut être conséquent quand on se présente en politique», a commenté M. Boudrias.

La recrue conservatrice en a aussi contre les libéraux dans le dossier de SNC-Lavalin, qui va plus loin qu’une gestion déficiente des communications, à son avis. «Disons-le, il y a des stratégies politiques qui sont carrément de l’ingérence politique et en 2019, ça ne passe plus», dit-elle.

Mme Trudel, une ex-analyste au ministère des Transports du Québec, a décidé de se présenter dans la circonscription de Terrebonne après des mois de discussions avec les troupes d’Andrew Scheer.

L’historique de corruption dans la municipalité qui porte le même nom est le «dénominateur commun» avec son passé de lanceuse d’alerte, dit-elle.

Mme Trudel a travaillé à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), avant d’être embauchée comme vérificatrice par l’ex-ministre des Transports Robert Poëti. La démission de Mme Trudel, en 2016, a forcé le gouvernement Couillard à créer un Bureau de l’inspecteur général pour inspecter des «irrégularités».

En 2017, Mme Trudel a déclaré qu’il existait un «stratagème» entre l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’UPAC pour favoriser une firme de consultants dont elle a refusé de dévoiler le nom.

Or, la vérificatrice générale du Québec n’a pas été en mesure de confirmer ces allégations dans un rapport dévoilé l’an dernier. Sur Twitter, Mme Trudel avait vilipendé les personnes qui remettaient en doute sa version. Son compte Twitter n’est plus accessible depuis l’annonce de sa candidature.

En entrevue, la nouvelle candidate s’est réjouie de voir que les citoyens ne se fient plus uniquement «qu’à ce qu’on leur offre dans les médias» et «vont chercher de l’information plus loin». C’est, à son avis, une «très bonne chose».