La législature du N.-B. suspend ses travaux à cause de l’éclosion à Campbellton

FREDERICTON — La nouvelle éclosion de COVID-19 au Nouveau-Brunswick a poussé l’Assemblée législative à ajourner jeudi ses travaux seulement deux jours après les avoir repris.

Les autorités de la santé publique ont confirmé mercredi qu’un travailleur de la santé qui avait voyagé à l’extérieur du Nouveau-Brunswick n’avait pas respecté une quarantaine à son retour et avait ensuite infecté au moins deux autres personnes dans la région de Campbellton, dans la péninsule acadienne, près de la frontière avec le Québec. Le premier ministre Blaine Higgs a précisé que ce travailleur de la santé avait ensuite été en contact avec «plusieurs patients» pendant une période de deux semaines.

Or, les autorités ont annoncé jeudi trois nouveaux cas dans la même région, portant le total de cette éclosion à six cas. L’un des trois nouveaux cas est aussi un travailleur de la santé.

Les députés ont décidé jeudi d’ajourner les travaux de cette séance et d’observer une quarantaine de 14 jours, jusqu’au 9 juin.

Le porte-parole libéral en matière de finances, Roger Melanson, a indiqué que trois députés libéraux étaient de retour dans leur circonscription du nord du Nouveau-Brunswick. Dans un communiqué, deux d’entre eux ont indiqué qu’ils demanderaient de se faire dépister pour le virus, même s’ils ne présentent aucun symptôme.

«Malheureusement, cela signifie que nous ne participerons pas aux travaux de l’Assemblée législative dans un avenir proche, mais nous vivons une période sans précédent et nous pensons tous deux qu’en ces temps difficiles, il est préférable de retourner dans nos propres circonscriptions», écrivent Guy Arseneault, député de Campbellton-Dalhousie, et Gilles LePage, député de Restigouche-Ouest.

«À notre connaissance, nous n’avons pas été en contact direct avec les personnes qui ont malheureusement contracté le virus. Nous n’avons pas de symptômes, mais pratiquons l’autosurveillance.»

L’Assemblée législative devait siéger du mardi au jeudi pendant les quatre prochaines semaines. Le chef du Parti vert, David Coon, a expliqué jeudi que l’ajournement jusqu’au 9 juin était inévitable, puisque la législature réunit des députés de toute la province, qui pourraient ensuite propager le virus dans toutes les régions. «Étant donné le risque de transmission de cette grappe de Campbellton, nous avons estimé qu’il était vraiment important de respecter une période d’incubation de 14 jours», a déclaré M. Coon à l’extérieur de la législature.

Le Nouveau-Brunswick est passé la semaine dernière au «niveau jaune» de son plan de déconfinement, qui prévoit des rassemblements plus larges ainsi que la réouverture de plus d’entreprises et de services. Mais face à la nouvelle éclosion dans la péninsule acadienne, la médecin hygiéniste en chef de la province, la docteure Jennifer Russell, a annoncé mercredi que la région de Campbellton reviendrait au «niveau orange», ce qui signifie un retour à des restrictions plus sévères sur la distanciation physique.

Un nouveau cas à Terre-Neuve

La Nouvelle-Écosse signalait de son côté deux nouveaux cas de COVID-19, jeudi, portant à 1055 le nombre total de cas confirmés dans cette province, dont 59 décès. Le foyer de soins de longue durée Northwood à Halifax, où a lieu la pire éclosion dans la province, compte 16 cas actifs — 12 chez les résidents et quatre chez le personnel soignant. Huit personnes étaient à l’hôpital jeudi, dont trois aux soins intensifs, mais 977 autres se sont rétablies de l’infection virale.

La Nouvelle-Écosse avait annoncé mercredi qu’elle commencerait à rouvrir son économie le 5 juin, en levant les restrictions imposées aux entreprises qui disposeront d’un plan approuvé par les autorités pour se conformer aux protocoles de santé publique. La liste des entreprises qui pourront rouvrir le 5 juin comprend les salles à manger des restaurants, les bars, les caves à vin, les distilleries, les salons de coiffure, de manucure ou de tatouage, les spas, les salles de conditionnement physique, les studios de yoga et les centres d’escalade.

Terre-Neuve-et-Labrador signale par ailleurs son premier nouveau cas de COVID-19 depuis trois semaines. Les responsables de la santé publique précisent qu’il s’agit d’un homme dans la quarantaine de la région de la capitale, Saint-Jean. Les autorités tentent de retracer tous ses contacts, qui seront invités à se mettre en quarantaine. Sur les 261 cas recensés dans la province, 255 se sont rétablies et une personne est hospitalisée. Cette province a connu trois décès dus à COVID-19 depuis le début de la pandémie.

L’Î.-P.-É. poursuit son déconfinement

L’Île-du-Prince-Édouard a prolongé l’état d’urgence sanitaire, même si le dernier cas signalé dans cette province remonte au 28 avril. Les 27 cas confirmés sur l’île se sont tous rétablis. Le premier ministre Dennis King a expliqué que l’urgence sanitaire avait été prolongée jusqu’au 14 juin sur recommandation des autorités de la santé publique.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé jeudi de nouvelles règles pour permettre aux villégiateurs qui possèdent un chalet d’été de se rendre sur l’île. Ces visiteurs saisonniers devront soumettre à partir du 1er juin une demande qui sera évaluée en fonction des risques de santé publique. Cette évaluation tiendra donc compte notamment de l’origine des propriétaires de chalet et du sérieux de leur plan de soutien pendant la quarantaine de 14 jours. Ces résidents saisonniers seront même testés vers la fin de leur quarantaine. Les premiers résidents pourraient arriver vers le 15 juin.

Le premier ministre King a aussi annoncé jeudi que l’île amorcerait lundi la troisième phase de son plan de déconfinement, qui prévoit la réouverture des bibliothèques et des salles de restaurants, les petits rassemblements, certaines activités de loisirs et certaines activités sportives. De plus, les résidents des foyers de soins de longue durée pourront recevoir la visite de leurs proches, sur rendez-vous et à l’extérieur.

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