La levée du «maintien à domicile» pourrait bien être reportée à Toronto et Peel

TORONTO — Le premier ministre Doug Ford a laissé entendre, jeudi, que son gouvernement pourrait bien accéder à la demande de Toronto et de la région de Peel de maintenir deux semaines de plus l’ordonnance de maintien à domicile dans ces «zones chaudes».

Le gouvernement avait prévu d’assouplir lundi prochain les mesures sanitaires à Toronto et dans sa banlieue de Peel, mais les directions de santé publique de ces régions durement touchées par la COVID-19 ont demandé cette semaine un délai, au moins jusqu’au 9 mars. On devrait connaître vendredi la décision sur ces deux régions ainsi que sur celles de York, à Toronto, et de North Bay, dans le nord-est de la province, qui sont elles aussi encore sous le coup de l’ordonnance de maintien à domicile.

Mais M. Ford a indiqué jeudi qu’il «avait toujours soutenu les médecins hygiénistes locaux», qui comprennent leur région mieux que quiconque. «Je suis sûr que nous allons suivre les conseils des médecins», a-t-il dit. Le premier ministre a aussi déclaré que le gouvernement était préoccupé par les variants du virus et que ce n’était pas le moment «de baisser la garde».

Le médecin hygiéniste en chef de la province, David Williams, a précisé de son côté qu’il devait examiner plus de données avant de faire une recommandation au gouvernement sur Toronto et Peel. «Ce n’est pas seulement un nombre fixe qui fait basculer l’interrupteur», a-t-il expliqué. Le docteur Williams a ajouté que même si les cas continuent de baisser en Ontario, la situation demeure «précaire» à cause des variants.

Assouplissement amorcé 

Le gouvernement Ford a commencé la semaine dernière à lever progressivement l’ordonnance de maintien à domicile dans certaines parties de la province, et les restrictions étaient assouplies pour la majorité de l’Ontario cette semaine. Toutes ces régions ont été réintégrées au système de restrictions par code de couleurs. Cette «réouverture économique» a été décidée malgré les avertissements d’experts qui craignent le déclenchement d’une troisième vague, due notamment aux nouveaux variants.

À Toronto, la médecin hygiéniste en chef, Eileen de Villa, affirmait mercredi qu’elle «n’avait jamais été aussi préoccupée que maintenant par la menace de la COVID-19». 

Par contre, dans la banlieue de York, le médecin hygiéniste en chef se disait prêt à un assouplissement vers la «zone rouge». Dans cette catégorie, les gens peuvent aller aux centres de conditionnement physique et manger au restaurant, avec des limites de capacité. Les nouveaux variants, dont la région de York a détecté 258 cas, sont préoccupants, mais une bonne stratégie de vaccination et le traçage aideront à maintenir les cas à un faible niveau, a soutenu le docteur Karim Kurji.

Un millier de nouveaux cas jeudi 

L’Ontario signalait jeudi 1038 nouveaux cas de COVID-19 et 44 autres décès liés au virus. Selon le ministère de la Santé, il y avait 376 nouveaux cas à Toronto, 142 dans sa banlieue de Peel et 122 dans celle de York. Les données de jeudi sont basées sur près de 56 200 tests effectués depuis le dernier rapport.

Par ailleurs, 12 383 doses supplémentaires de vaccins ont été administrées en Ontario depuis la mise à jour de mercredi, pour un bilan total de plus de 500 000 doses. Le gouvernement affirme que 1277 autres cas ont été résolus depuis la mise à jour précédente. L’Ontario a recensé 289 621 cas confirmés du coronavirus depuis le début de la pandémie, dont 272 146 ont été résolus; on déplore 6773 décès. 

D’autre part, un foyer de soins de longue durée de Barrie a annoncé jeudi la fin d’une éclosion qui a fait 70 morts chez les résidents. L’entreprise Jarlette Health Services, propriétaire du foyer de soins Roberta Place, a indiqué jeudi que le bureau régional de santé publique avait déclaré la fin de l’éclosion qui impliquait des cas du variant détecté pour la première fois au Royaume-Uni. Plus de 200 personnes au foyer de soins ont été malades depuis le 8 janvier.

D’autre part, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario indique jeudi que plus de 355 000 emplois ont été perdus dans cette province l’année dernière à cause de la pandémie. Dans un rapport publié jeudi, le Bureau indique que ces pertes d’emplois représentent la baisse annuelle la plus importante jamais enregistrée en Ontario. Le rapport souligne par ailleurs qu’en plus des pertes d’emplois, plus de 765 000 Ontariens ont travaillé moins d’heures l’an dernier en raison de la pandémie.

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