La loi sur la prise de décision assistée est saluée par des familles au N.-Brunswick

FREDERICTON — L’adoption d’une nouvelle loi qui permettra aux personnes ayant un handicap intellectuel de prendre leurs propres décisions concernant leur vie en étant accompagnées par un proche ou une personne de confiance fait le bonheur de nombreuses familles du Nouveau-Brunswick, qui sont heureuses de voir que cette méthode n’aura plus à se faire en cachette.

Vendredi, le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick a donné son aval à la nouvelle Loi sur la prise de décision accompagnée et la représentation, qui donnera la possibilité aux personnes ayant une déficience intellectuelle de désigner des personnes qui les aideront à faire des choix importants le moment venu.

Dans un communiqué de presse, Inclusion Nouveau-Brunswick a rappelé que la province est «l’un des rares territoires de compétence au monde» à mettre en œuvre un processus décisionnel assisté reconnu par les tribunaux.

Le nouveau système permettra à une personne ayant une déficience intellectuelle — qui peut avoir de la difficulté à comprendre et à transmettre des informations — à prendre des décisions importantes avec l’aide d’autres personnes. Le bureau du procureur général doit encore fournir des détails sur la manière dont la nouvelle loi s’appliquera.

Assise avec ses enfants, Rob et Lynn Chamberlain, qui souffrent d’une maladie neurologique appelée quadriplégie spastique familiale autosomique, Dianne Cormier Northrup est soulagée d’apprendre que cette nouvelle loi lui donnera le droit d’aider ses enfants à prendre certaines décisions, financières par exemple, en toute légalité.

«Nous sommes tous satisfaits de la loi, parce que de toute façon, on l’a toujours fait. Maintenant, c’est quelque chose qui est reconnu et qui est légal», souligne la mère de 75 ans.

Pendant l’appel Zoom, Robert, 55 ans, et Lynn, 52 ans, qui ne peuvent pas parler, hochent la tête pour montrer qu’ils sont d’accord avec les modifications légales.

Robert confirme avec un léger mouvement de la tête qu’il est parfois difficile pour lui de se faire comprendre par les autres, puis hoche vigoureusement la tête lorsqu’on lui demande s’il aime que sa mère aide les autres à comprendre ce qu’il veut dire.

Lorsque Lynn veut ajouter un point, elle émet parfois des sons pour le faire savoir à sa mère.

Au cours de l’entrevue, elle indique notamment à sa mère qu’il y a d’autres personnes en qui elle a confiance pour l’aider à prendre des décisions. La mère confirme donc que ses tantes ainsi que sa cousine seront parmi les personnes autorisées à l’aider dans sa prise de décision.

Programme plus large

Le porte-parole d’Inclusion Canada, Marc Muschler, reconnaît qu’il existe des balises pour la prise de décision assistée dans d’autres juridictions à travers le Canada, mais il soutient que la loi du Nouveau-Brunswick va encore plus loin, puisqu’elle permet à plus de personnes d’avoir droit à cette mesure d’aide.

Le conseiller en planification communautaire chez Inclusion Nouveau-Brunswick, Danny Soucy, souligne quant à lui que son fils Daniel, 31 ans, communique par des gestes et un langage corporel qu’il comprend en raison de toutes leurs années passées ensemble.

«Il peut exprimer ses désirs et nous pouvons traduire ses souhaits», explique le père lors d’une entrevue téléphonique.

M. Soucy rappelle qu’en vertu de l’ancienne loi, s’il y avait une décision importante à prendre et que Daniel ne pouvait pas transmettre directement ses souhaits, «il fallait qu’on le déclare inapte pour pouvoir prendre la décision à sa place».

«Avec cette nouvelle loi, on va pouvoir l’aider et interpréter ce qu’il veut pour prendre la bonne décision avec lui», se réjouit-il.

La nouvelle loi stipule qu’une personne est capable de prendre des décisions si elle est capable de comprendre les informations «pertinentes» et de peser les «conséquences raisonnablement prévisibles» de son choix «avec l’aide disponible».

«Une personne est présumée apte à prendre une décision, à moins que le contraire n’ait été démontré», peut-on lire dans la loi.

M. Soucy ne considère pas que c’est lui qui prend toutes les décisions pour son fils, qui a le syndrome de Down. Au contraire, il essaie de fournir à son fils «les bonnes informations, pour qu’il puisse poser ses propres questions».

«Je ne prends pas les décisions pour lui; mon rôle est de l’aider à prendre ses propres décisions pour lui-même», révèle-t-il.

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