La Loi sur les langues officielles au N.-B. sera réexaminée par deux commissaires

FREDERICTON — Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a annoncé vendredi qu’il nommera deux commissaires pour entreprendre un examen de la Loi sur les langues officielles de la province.

Le chef conservateur demandera à ces deux commissaires de présenter leurs recommandations au gouvernement d’ici le 31 décembre, comme l’exige la Loi sur les langues officielles dans cette seule province officiellement bilingue au Canada. 

M. Higgs a indiqué que l’identité des deux commissaires sera annoncée «au cours des prochaines semaines», en même temps que le processus de consultations publiques, en cette ère de pandémie. 

Les commissaires auront pour mandat de superviser le processus de révision, de consulter le public et les intervenants clés, d’examiner les suggestions et les recommandations formulées au cours du processus, et de présenter un rapport final accompagné de recommandations au gouvernement, indique le cabinet du premier ministre.

En plus de l’examen de la Loi sur les langues officielles, les commissaires seront invités à trouver des moyens d’améliorer l’accès aux deux langues officielles pour tous les Néo-Brunswickois, ajoute le gouvernement. 

«Le bilinguisme officiel est un élément précieux de notre culture et de notre histoire en tant que province, et il continuera d’en être ainsi», a indiqué le premier ministre. 

M. Higgs a signalé vendredi que moins de 50 pour cent des étudiants diplômés du réseau anglophone sont bilingues. Il note également que les nouvelles technologies et l’immigration ont créé des défis dans la prestation des services gouvernementaux dans les deux langues officielles.

Les Acadiens déçus 

La Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick (SANB), qui souhaitait que cette révision soit menée par un comité parlementaire permanent sur les langues officielles, estime que «l’exclusion des parlementaires du processus représente une occasion ratée et renforce l’image que les langues officielles sont un dossier qu’on peut traiter à l’extérieur du cadre législatif». 

La SANB déplore par ailleurs le fait que le premier ministre Higgs «semble vouloir faire de cette révision un dossier ‘fourre-tout’, touchant autant à l’éducation qu’à l’immigration et à l’économie».

«La Loi sur les langues officielles est d’abord et avant tout un contrat social qui repose sur des idéaux cherchant à assurer l’égalité des deux communautés linguistiques de la province, a indiqué Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB. La révision de cette Loi doit tenir compte de la réalité historique de la province, dans l’espoir d’un jour atteindre l’égalité réelle.»

Le chef du Parti vert, David Coon, croit lui aussi qu’un examen public de la loi devrait être mené par un comité de députés élus et non par des commissaires nommés par le premier ministre. Il estime par ailleurs que les enjeux liés à l’enseignement de la langue seconde dans les réseaux scolaires devraient être examinés par une commission distincte. 

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