La lumière d’un seul FARR pour pallier à une multitude de problèmes

Ottawa semble vouloir utiliser l’aide financière aux régions, annoncée mercredi, comme baume à une multitude de problèmes.

Le FARR, fonds d’aide et de relance régionale, rend 211 millions $ disponibles pour le Québec.

Au cours de la séance virtuelle des travaux des Communes jeudi après-midi, c’est vers ce FARR que les ministres dirigeaient les députés de l’opposition qui soulevaient les problèmes des entreprises de leurs régions.

Une ferme à bout de ressources? «FARR», répondait la ministre l’Agriculture. Une entreprise privée de son gagne-pain à cause de la disparition des festivals? «FARR», répondait la ministre du Développement économique.

Nombre d’entreprises se sont plaintes que les mesures fédérales — subventions salariales, prêts sans intérêts, aide au paiement des loyers — avaient des critères qui les leur rendaient inaccessibles.

«Nos producteurs agricoles (…), ceux qui n’étaient pas admissibles aux supports d’urgence pour les entreprises, hier on a fait une annonce très importante pour nos sociétés de développement régional», a offert la ministre Marie-Claude Bibeau au député conservateur Bernard Généreux. «Alors, j’invite nos fermes à travers le pays, qui n’étaient pas admissibles, à utiliser ces nouveaux fonds», a proposé la ministre fédérale de l’Agriculture.

L’entreprise de chalets d’un M. Falardeau citée par le même député Généreux lui a valu une réponse semblable de la ministre Mélanie Joly. Et rebelote pour le propriétaire d’une entreprise dont la survie dépend des festivals d’été.

«L’idée du programme d’aide aux entreprises qu’on a annoncé hier, c’est vraiment, s’ils n’ont pas accès à la subvention salariale, s’ils n’ont pas accès au prêt de 40 000 $, ils peuvent aller voir DEC (Développement économique Canada) au Québec (…) pour justement qu’on puisse les aider à passer au travers ces temps difficiles», a dit la ministre Joly.

Le nouveau fonds a été applaudi par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Ce sont 962 millions $ qui doivent servir dans les régions rurales du pays à pallier au choc économique qu’amène la pandémie de COVID-19.

«Il est aussi important de spécifier que le programme d’aide d’aujourd’hui ne doit pas réduire le besoin urgent de combler les principales lacunes du Compte d’urgence canadien pour les entreprises canadiennes (CUEC) ainsi que celles de l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC)», a toutefois prévenu le communiqué de la FCEI, publié mercredi.

Chez l’opposition bloquiste, on mettait aussi des bémols à la réjouissance inspirée par le FARR, en parlant d’un simple «pas dans la bonne direction».

«C’est un petit répit, mais ça ne réglera en rien à moyen et long terme les problèmes des entreprises touristiques québécoises. Le gouvernement fédéral doit avoir une vision à long terme pour s’assurer que les entreprises touristiques et saisonnières soient encore en vie en 2021», a déclaré le député Maxime Blanchette-Joncas, dans un courriel.