L’influence de Trump sur le Parti républicain sera-t-elle durable ?

Non seulement les républicains ont des questionnements juridiques sur le futur procès en destitution contre Trump, mais ils craignent de se montrer en opposition avec l’ancien président et sa légion de partisans qui font partie de leurs électeurs.

Photo : Gage Skidmore / Flickr

WASHINGTON — Les démocrates ont amené le dossier de destitution contre Donald Trump au Sénat, lundi soir, pour le début de son procès historique, mais les sénateurs républicains ont atténué leurs critiques à l’égard de l’ancien président et évité les appels à le condamner pour l’émeute meurtrière au Capitole.

C’est un signe précoce de l’influence durable de M. Trump sur le parti.

Les procureurs de la Chambre ont porté la mise en accusation d’« incitation à l’insurrection », faisant la marche cérémonielle à travers le Capitole jusqu’au Sénat. Mais les dénonciations républicaines de Donald Trump se sont refroidies ces derniers temps.

Au lieu de cela, les républicains présentent une série d’arguments juridiques contre la légitimité du procès et se questionnent à savoir si les demandes répétées de l’ancien président pour annuler l’élection de Joe Biden constituent vraiment une incitation.

Non seulement les républicains ont des questionnements juridiques, mais ils craignent de se montrer en opposition avec l’ancien président et sa légion de partisans qui font partie de leurs électeurs. Les mesures de sécurité demeurent accrues au Capitole.

Le sénateur républicain du Texas John Cornyn s’est demandé quelle serait la prochaine étape si le Congrès commence à tenir des procès pour d’anciens élus.

« Pourrions-nous revenir en arrière et juger le président Obama ? », a-t-il soutenu.

En outre a-t-il suggéré, Donald Trump a déjà été jugé : « L’une des façons dont vous êtes puni dans notre système est de perdre une élection. »

Le sénateur républicain de l’Arizona Tom Cotton estime que le Sénat n’a pas le pouvoir constitutionnel de condamner M. Trump après son départ.

« Je pense que beaucoup d’Américains vont penser qu’il est étrange que le Sénat passe son temps à essayer de condamner et de destituer un homme qui a quitté ses fonctions il y a une semaine », a-t-il indiqué.

« Je pense que le procès est stupide, je pense que c’est contre-productif », a lancé le sénateur républicain de la Floride Marco Rubio.

Il a ajouté qu’à la première occasion, il tenterait de mettre fin à ce procès, qui selon lui divisera davantage le pays.

Défis pour les deux partis

Les plaidoiries dans le procès du Sénat commenceront la semaine du 8 février, et le dossier contre M. Trump, le premier ancien président à faire face à un procès en destitution, mettra à l’épreuve un parti politique qui tente toujours de se redéfinir dans cette ère post-Trump.

Les sénateurs doivent répondre aux demandes des riches donateurs qui se distancient de l’ancien président et à celles des électeurs qui exigent leur loyauté envers M. Trump. Un républicain, le sénateur Rob Portman de l’Ohio, a annoncé lundi qu’il ne chercherait pas à être réélu en 2022, évoquant l’atmosphère politique divisée.

Pour les démocrates, le ton, la teneur et la durée du procès à venir, si tôt dans la présidence de Joe Biden, posent leur propre défi. Ils doivent trouver un équilibre entre leur volonté de tenir M. Trump responsable des événements et leur empressement à mettre en oeuvre les priorités de la nouvelle administration tandis qu’ils contrôlent entièrement le Congrès.

Le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, a déclaré que les républicains semblaient vouloir débattre davantage de la forme du procès, plutôt que du fond, peut-être pour éviter de porter un jugement sur le « rôle de l’ancien président dans la fomentation de l’attaque ignoble » contre le Capitole.

Un démocrate présidera le procès

Les sénateurs ont aussi appris lundi que le juge en chef de la Cour suprême John Roberts ne devrait pas présider le procès, comme il l’a fait lors de la première procédure de destitution contre M. Trump. Ce changement serait conforme au protocole car Donald Trump n’est plus au pouvoir.

C’est plutôt le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy, le président pro tempore du Sénat, qui devrait le présider.

M. Leahy a déclaré aux journalistes au Capitole que son rôle consistera à « s’assurer que les procédures sont suivies » , plutôt que de présenter le dossier. Il a dit qu’il était certain qu’avec ses nombreuses décennies au Sénat, il sera considéré par ses collègues comme un arbitre impartial.

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Je ne sais pas pendant combien de temps encore, la presse en générale va continuer à garder le sujet concernant cet énergumène d’actualité. Vous contribuez à lui fournir une tribune alors que vous devriez faire le contraire. À quand la mise au rencart du sujet de sa petite personne…..

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