La mairesse Plante lance une première bd inspirée de son cheminement en politique

MONTRÉAL — La mairesse de Montréal, Valérie Plante, peut maintenant ajouter le titre d’autrice à sa biographie.

Elle a lancé un roman graphique — un genre qui gagne en popularité — intitulé «Simone Simoneau – Chronique d’une femme en politique», qui se veut «une oeuvre personnelle mettant en lumière le parcours d’une citoyenne qui décide, malgré les contraintes des rouages politiques, de suivre son instinct».

Mme Plante y raconte à travers le personnage de Simone Simoneau son entrée en politique et le sexisme qu’elle a dû y affronter en chemin.

Pour faire bouger les choses, «Sissi pour les intimes», souhaite donc se présenter aux élections municipales.

L’autrice est appuyée dans le livre par l’illustratrice primée Delphine Côté-Lacroix. Le bouquin a aussi  été publié en anglais sous le titre «Okay, Universe: Chronicles of a Woman in Politics».

Il suit le parcours de Simone Simoneau tandis qu’elle apprend les rouages du recrutement de bénévoles, du porte-à-porte et des campagnes de financement.

La mairesse Plante, âgée de 46 ans, soutient que l’idée de ce livre a commencé à germer après avoir remporté la course à la mairie lors des élections municipales de 2017. L’écriture d’une autobiographie, comme c’est souvent le cas pour les politiciens, ne l’attirait pas toutefois.

«Pour moi, le roman graphique a toujours été le format que je voulais, a affirmé Mme Plante lors d’une entrevue au bureau de l’éditeur de son livre, XYZ. Je crois que c’est plus accessible et amusant.»

On y retrouve également des croquis et des anecdotes que la politicienne a commencé à coucher sur papier en 2013, lors de sa première tentative pour se faire élire au conseil municipal de Montréal. Quatre ans plus tard, elle est devenue la première femme à diriger la métropole après la défaite électorale surprise du maire sortant et politicien d’expérience Denis Coderre.

Ses dessins et ses écrits étaient à l’origine une façon de «maintenir l’équilibre», mais Valérie Plante s’est rapidement aperçue que son histoire pourrait en inspirer d’autres, surtout des jeunes femmes et des filles.

«Je voulais dire aux gens que c’est correct de ne pas avoir tous les codes secrets pour aller de l’avant vers quelque chose que vous croyez juste et équitable. Faites le saut»,  a-t-elle affirmé.

Valérie Plante a commencé à travailler avec l’illustratrice Delphine Côté-Lacroix les soirs et les week-ends, il y a environ deux ans, pour finaliser son histoire et sa présentation.

Dans le livre, Mme Plante est candide sur les défis à surmonter pour les femmes qui se retrouvent sur la place publique.

À un certain moment, l’affiche de son personnage est couverte de graffitis sexistes. Sur une autre, son conjoint est louangé parce qu’il s’occupe des enfants du couple. 

Si son livre ne change pas grand-chose au sexisme qui existe, la mairesse Plante espère qu’il va mettre en lumière les deux poids, deux mesures auxquels font face les femmes.

Trois ans après le début de son mandat à la mairie de Montréal,  Valérie Plante a eu un parcours parsemé d’embuches, dont la pandémie de COVID-19 qui a dévasté l’économie de sa métropole. Elle a aussi été sévèrement critiquée face  à l’échec de son administration à mettre en pratique ses idées d’envergure en matière de logement social et de transport collectif. Elle a  aussi subi la colère des automobilistes qui l’accuse de fermer des tronçons au profit des cyclistes, et a même reçu des menaces de mort. 

Si Mme Plante s’attendait à recevoir quelques commentaires négatifs, elle ne s’attendait surtout pas à voir le degré d’anxiété de certaines personnes monter à ce point.

«Je ne veux pas minimiser leurs gestes et les paroles agressives, voire les menaces de mort, mais j’espère que dans le futur, lorsque les gens seront moins stressés , que les choses vont se calmer», a affirmé la politicienne.

Son choix de publier un roman graphique s’est aussi attiré les foudres de la part de commentateurs qui lui ont reproché «de faire des dessins» tandis que sa ville était aux prises avec une crise sanitaire et économique. 

Valérie Plante a balayé ces dernières critiques du revers de la main, les qualifiant de non fondées, d’autant plus que son processus littéraire était pratiquement complété à la fin de 2019, soit avant que n’éclatent les premiers signes de la pandémie au Québec.

«Des gens ont détruit le livre sans même le lire, ce que j’ai trouvé triste. Ils ne s’intéressaient pas à son contenu, mais cherchaient à descendre son autrice»,  a affirmé Mme Plante.

Cette dernière a tout de même repoussé la sortie du livre de quelques mois.

Valérie Plante recommande tout de même aux jeunes femmes de se lancer en politique, «pour faire une différence», même si elle reconnaît qu’il s’agit d’un choix de carrière plutôt difficile. 

«J’espère que les lecteurs de mon livre réaliseront aussi tous les bienfaits de travailler avec d’autres bénévoles et en communauté.  Ça vaut vraiment la peine.»

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