La Maison-Blanche confirme qu’Ottawa a demandé l’aide américaine pour les vaccins

WASHINGTON — Le Canada a demandé aux États-Unis de l’aide pour se procurer des doses de vaccins, mais la Maison-Blanche a refusé, mercredi, de dire si elle avait accepté.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, répondait aux reportages qui faisaient état de demandes du Canada et du Mexique pour les doses américaines excédentaires. Bloomberg News indiquait même que ces deux pays seraient les premiers servis, le moment venu.

«Nous avons reçu des demandes du Mexique et du Canada et nous les examinons attentivement», a confirmé Mme Psaki. «Je n’ai aucune mise à jour pour vous quant à savoir si et quand elles seraient accordées.» La porte-parole a plutôt réitéré la position de la Maison-Blanche selon laquelle le président Joe Biden veut d’abord s’assurer que chaque Américain qui le souhaite puisse se faire vacciner — et le plus tôt possible.

«Nous sommes toujours en train de mener la guerre contre la pandémie, ici même», a déclaré Mme Psaki, en reconnaissant que les États-Unis sont actuellement en tête dans le monde pour la vaccination. Cette performance tient en grande partie à la capacité pratiquement inégalée de ce pays pour le développement et la fabrication de vaccins, qui s’est presque exclusivement concentrée jusqu’ici sur la demande intérieure.

Mais la responsabilité internationale qui accompagne cette capacité de fabrication n’est pas écartée par le président Biden, qui comprend également l’importance de faire vacciner les gens partout dans le monde, a déclaré Mme Psaki. «Le président veut — nous voulons tous être des membres contributeurs de la communauté internationale et maîtriser la pandémie», a-t-elle déclaré.

«Toute décision que nous prendrons au sujet des demandes (…) devra garantir que nous sommes en mesure de vacciner encore rapidement la population américaine, car cela reste notre priorité absolue.»

Dépendance canadienne 

Le Canada, qui n’a aucune capacité de production de vaccins, a pris du retard dans ses efforts de vaccination, en février, notamment à cause de problèmes de production persistants dans des usines européennes. Les contrôles à l’exportation en Europe, qui n’ont jusqu’à présent pas affecté les expéditions au Canada, constituent néanmoins une menace.

Les goulots d’étranglement commencent seulement à se dissiper. Santé Canada indique que plus de 8,5 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech devraient arriver au Canada au cours des huit prochaines semaines. Les livraisons du vaccin Moderna, lui aussi à deux doses, ne sont pas encore confirmées au-delà de la fin du mois de mars. Par ailleurs, aucune date de livraison n’a encore été donnée pour les deux autres vaccins — l’Oxford-AstraZeneca et le Johnson & Johnson, à dose unique.

L’Institut indien du sérum doit expédier un million de doses supplémentaires de sa version du vaccin AstraZeneca le mois prochain, avec 500 000 doses supplémentaires quelque part en mai. Le Canada compte également sur 1,6 million de doses supplémentaires de l’AstraZeneca expédiées avant la fin du mois de mai d’une usine sud-coréenne. 

Tisser des liens avec les Américains

Dans les semaines qui ont suivi la réunion virtuelle du mois dernier entre le président Biden et le premier ministre Justin Trudeau, des ministres à Ottawa ont entretenu des contacts électroniques avec leurs homologues américains pour renforcer ce que les deux parties ont présenté comme une «nouvelle ère» dans les relations canado-américaines.

Mercredi, c’est François-Phillippe Champagne, ministre canadien de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, qui a abordé le sujet des vaccins avec la secrétaire américaine au Commerce, Gina Raimondo.

«Lorsqu’on parle de renforcer les chaînes d’approvisionnement nord-américaines, ça implique aussi les chaînes d’approvisionnement médical, qu’il s’agisse de la fabrication de fournitures médicales essentielles ou de vaccins», a déclaré M. Champagne en entrevue. «C’est quelque chose que j’ai soulevé en vue de garantir que nous travaillions ensemble pour assurer la santé et la sécurité des personnes des deux côtés de la frontière.»

Il est également probable que la question de la vaccination des populations soit une variable clé lorsque viendra le temps de commencer le processus de réouverture de la frontière canado-américaine, qui est fermée depuis maintenant un an à tous les voyages non essentiels.

La vaccination constitue «le meilleur moyen d’assurer la santé et la sécurité des personnes et d’être éventuellement en mesure de rouvrir l’économie», a déclaré M. Champagne. «Je pense qu’on assiste à (…) un esprit renouvelé de coopération et de collaboration, pour protéger la santé et la sécurité des personnes des deux côtés, mais aussi pour favoriser l’emploi et la croissance des deux côtés de la frontière.»

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