La majorité des Américains ne veulent plus de rendez-vous virtuels, révèle un sondage

WASHINGTON — De très nombreux Américains affirment, selon un sondage, ne pas avoir l’intention de recourir aux outils virtuels devenus courants avec la pandémie, dès que la COVID-19 sera chose du passé. Plusieurs d’entre eux estiment tout de même utile que ces options demeurent disponibles.

Près de la moitié des adultes américains soutiennent qu’il est peu probable qu’ils participent à des activités virtuelles, obtiennent des soins de santé en ligne, fassent livrer leur épicerie ou précommandent des achats à récupérer sur le trottoir après la pandémie, d’après les résultats d’un sondage mené par l’Associated Press et le Centre de recherche en affaires publiques NORC (AP-NORC).

Moins de trois répondants sur dix déclarent en revanche fort probable qu’ils continuent d’utiliser ces outils en ligne au moins de temps à autre.

Malgré ce qui ressemble à un ras-le-bol des rendez-vous virtuels, près de la moitié des répondants reconnaissent qu’il serait préférable que ces options en ligne pour les soins de santé, les événements communautaires, les séances d’entraînement ou les cérémonies religieuses demeurent disponibles après la pandémie.

«Plutôt que d’avoir l’un ou l’autre, je crois qu’il est plus probable que l’on assiste à un futur en mode hybride», avance la directrice du Center for the Connected Consumer de la faculté d’administration de l’Université George Washington, Donna Hoffman.

«Les gens ont trouvé quelque chose de pratique dans certaines de ces options virtuelles qui sont tout simplement du gros bon sens, analyse-t-elle. Elles n’ont pas nécessairement pour but de vous garder en sécurité ni rien à voir avec la pandémie même si elles sont apparues pendant cette période.»

La routine virtuelle quotidienne est devenue la norme en 2020 en raison de la contagion rapide du virus, qui a entraîné des mesures de confinement, la fermeture des écoles et des bureaux. Certains outils existaient déjà comme le magasinage en ligne ou les visioconférences, mais d’autres ont été relancés ou popularisés pendant la pandémie.

D’une manière ou de l’autre, Mme Hoffman souligne que ces services ont été déployés rapidement et adoptés tout aussi vite. Tout était une question de «comment faire pour que ça fonctionne», commente-t-elle.

Plusieurs répondants considèrent quand même que les inconvénients pèsent plus lourd que les avantages dans l’usage des services en ligne. Les personnes de 50 ans et plus sont particulièrement nombreuses à en avoir assez.

Bien qu’il était inquiet face au virus et à la contagion dans la région de Phoenix, Tony DiGiovane, 71 ans, rencontre plus de problèmes qu’autre chose avec les services de ramassage de commandes à l’épicerie et au restaurant.

«Le temps que je me rende sur place pour récupérer ma commande, j’ai déjà besoin d’autres choses, note-t-il. Puis, il y a toujours des erreurs ou des éléments manquants.»

D’autres, comme Karen Stewart, 63 ans, craignent que les consultations médicales en ligne ne soient pas aussi efficaces. Elle s’inquiète notamment du fait que l’infirmière ou le médecin ne peuvent pas prendre ses signes vitaux à distance.

Chercheuse principale au centre NORC, Alycia Bayne observe que la pandémie a créé une opportunité d’équilibrer l’accès à des services en personne et en ligne, entre autres dans les soins de santé physique et mentale offerts aux aînés. Cela «peut être particulièrement bénéfique pour les aînés qui sont à mobilité réduite, qui n’ont pas de moyen de transport ou qui n’ont pas de réseau de soutien».

Le sondage a été mené auprès de 1001 adultes, entre le 12 et le 16 mai derniers, à partir d’un échantillon probabiliste tiré de la base de données AmeriSpeak Panel, conçue pour refléter l’ensemble de la population des États-Unis. La marge d’erreur est de plus ou moins quatre points de pourcentage.

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