La marine américaine affirme que l’Iran a saisi puis relâché l’un de ses drones

DUBAÏ, Émirats arabes unis — Un groupe paramilitaire iranien a saisi un drone marin de surveillance américain dans le golfe persique, tard lundi soir, mais l’a relâché aussitôt qu’un hélicoptère et un navire de la marine des États-Unis se sont approchés.

Il s’agissait du premier incident où l’Iran ciblait la nouvelle force opérationnelle de drones de la 5e flotte de la marine, basée au Moyen-Orient.

Même si l’événement s’est conclu sans conséquence, les tensions demeurent vives entre l’Iran et les États-Unis, notamment en raison des négociations entourant l’accord sur le nucléaire iranien.

Le navire des Gardiens de la révolution islamique, le groupe paramilitaire en question, a accroché une ligne au drone «Saildrone Explorer» au milieu du golfe tard lundi soir, selon un porte-parole de la marine.

Le navire a ensuite tenté de remorquer le drone, qui contient des caméras, des radars et différents capteurs qui permettent de surveiller le golfe.

C’est à ce moment que le «USS Thunderbolt», un navire de patrouille de la marine américaine, et un hélicoptère MH-60 se sont approchés du bateau iranien. La marine a envoyé un message par radio pour signaler que le drone appartenait aux États-Unis.

«Nous avons été clairs sur le fait que ce drone était la propriété du gouvernement américain et qu’il se trouvait dans les eaux internationales. Nous étions prêts à prendre toutes les mesures nécessaires», a affirmé le porte-parole de la 5e flotte de la marine américaine, Timothy Hawkins, à l’Associated Press.

L’incident a finalement pris fin après quatre heures, quand les Iraniens ont relâché le drone et quitté la zone où se trouvaient les forces américaines.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique, qui relève directement du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, n’a pas reconnu que cet événement a eu lieu. La délégation de l’Iran aux Nations unies n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de réaction.

La 5e flotte a lancé sa force opérationnelle 59 sans équipage l’année dernière. Sa zone de responsabilité comprend notamment le détroit d’Ormuz, soit l’étroite embouchure du golfe Persique par laquelle passe 20 % du pétrole mondial.

La zone qu’elle couvre a aussi été le théâtre d’une série d’attaques ces dernières années. Au large du Yémen, des drones chargés de bombes et des mines laissées à la dérive par les rebelles houthis ont endommagé des navires. Près des Émirats arabes unis et du détroit d’Ormuz, des pétroliers ont été saisis par les forces iraniennes.

Ces attaques ont eu lieu environ un an après que le président américain de l’époque, Donald Trump, a décidé de se retirer unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien, qui prévoyait la levée des sanctions contre Téhéran en échange de l’imposition d’une limite stricte de son enrichissement en uranium, en 2018.

Or, l’Iran enrichit désormais de l’uranium plus proche que jamais des niveaux de qualité militaire, et plusieurs experts soutiennent que Téhéran pourrait fabriquer une bombe nucléaire s’il le décidait.

L’Iran maintient que son programme est pacifique, mais certaines nations occidentales et des inspecteurs internationaux rappellent que le pays avait un programme nucléaire militaire jusqu’en 2003.

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