La Marine royale et la Garde côtière fait face à un manque de personnel

OTTAWA — La Marine royale canadienne (MRC) et la Garde côtière canadienne affirment avoir besoin de centaines de marins de plus, car le recrutement n’a pas suivi le rythme des missions qui leur sont confiées.

Ce problème de recrutement pourrait causer de sérieux maux de tête aux deux organisations. Au cours de la prochaine décennie, le gouvernement fédéral investira des dizaines de milliards de dollars pour la construction de nouveaux navires scientifiques, brise-glaces, navires de ravitaillement et navires de guerre. Si ces investissements sont les bienvenus, compte tenu de l’âge de la flotte, une question demeure cruciale: qui fera naviguer ces beaux bâtiments?

 Et bien que la situation ne soit pas encore critique, elle est devenue l’une des principales priorités des deux services.

La Garde côtière affirme que jusqu’à 15 % de ses postes sont actuellement vacants, ce qui représente un manque d’environ 1000 personnes.

Même si ce phénomène est en soi une source de préoccupation, l’organisation a publié l’an dernier un plan reconnaissant que son personnel vieillissait et que le recrutement était «l’un des défis les plus difficiles» à relever.

«C’est bien d’avoir toutes ces ressources, toutes ces nouvelles technologies et de nouveaux navires, a déclaré le commissaire de la Garde côtière canadienne Mario Pelletier lors d’une récente entrevue. Mais sans personnel, je ne pourrai ni opérer ni soutenir ou gérer les opérations. J’ai donc besoin de personnel.»

Le vice-amiral Art McDonald, qui est devenu le commandant de la MRC en juin, dit devoir faire face au même défi: trouver des moyens pour recruter un plus grand nombre de jeunes hommes et de jeunes femmes. La Marine manque actuellement environ 850 personnes.

Cet écart est gérable, mais le vice-amiral souligne que ce manque demeure une source d’inquiétude. Que se passerait-il si la Marine devait intensifier considérablement ses opérations, ce qu’on ne peut exclure compte tenu de l’état actuel du monde?

«Donc, d’une part, les lacunes que nous affrontons actuellement sont très gérables, a-t-il souligné. Mais dans un monde instable où nous pourrons devoir en faire plus, nous devons être en mesure de donner une impulsion pour trouver du personnel. Nous le pouvons.»

La Marine et la Garde côtière ne sont pas seules organisations à éprouver des difficultés de recrutement. Le président de la Chambre de commerce maritime, Bruce Burrows, dit que la marine marchande fera face à un manque d’environ 5000 personnes au cours de la prochaine décennie. Les marins plus âgés partent plus vite qu’ils ne peuvent être remplacés et les nouvelles techniques provoquent une pénurie de certaines compétences.

«Et nous devons faire venir temporairement, par exemple, des capitaines étrangers», ajoute-t-il.

Pourquoi les gens n’envisagent-ils pas une carrière dans la marine, la garde côtière ou la marine marchande? Dans un environnement où le taux de chômage est faible, ces carrières ne sont pas les plus attrayantes pour une population qui ne veut pas être loin de chez elle pendant de longues périodes.

Le vice-amiral McDonald parle de «cécité maritime». Non seulement la majorité des Canadiens ne sont jamais montés à bord d’un grand navire, mais plusieurs ont une fausse idée à ce sujet.

M. Burrows énumère rapidement les nombreuses façons dont le secteur a tenté de devenir plus attrayant, notamment en réduisant les séjours en mer, en mettant davantage l’accent sur les compétences technologiques, en proposant une meilleure nourriture et en installant une meilleure connectivité avec le domicile de chaque marin.

La MRC a mis en place des réseaux sans fil sur ses navires afin que les marins puissent rester connectés à leur domicile tout en mettant en évidence la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences dans un environnement en évolution rapide.

«Nous devons simplement raconter ce que nous faisons, a proposé le vice-amiral McDonald. Et ce que la génération Y et les autres recherchent: une chance de faire un travail pertinent où ils peuvent avoir une influence sur les résultats d’une mission et apporter une voix qui sera entendue.»

Le gouvernement fédéral et le secteur de la marine marchande se sont associés en janvier en créant la Fondation de l’industrie maritime canadienne, dont le but sera de développer de la main-d’oeuvre et d’apporter du sang neuf.

Selon le vice-amiral, les enjeux seront importants au cours des prochaines années.

«Ma préoccupation est mon manque de 850 marins, cette année. Nous devons les remplacer. Il faut bien faire saisir le message que nous embauchons des marins. Notre puissance, notre résistance et notre capacité de répondre à une augmentation éventuelle des missions exigent d’avoir du personnel supplémentaire.»

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