La menace de la COVID-19 cause des problèmes de santé mentale

EDMONTON — Un sondage en ligne mené auprès d’Albertains qui ont demandé de l’aide pendant la crise de la COVID-19 laisse croire que la pandémie a également affecté la santé mentale, avec des signes accrus de comportement obsessionnel, de stress et de dépression.

Vincent Agyapong, professeur de psychiatrie à l’Université de l’Alberta et co-auteur d’un article récemment publié, ne s’attendait pas à avoir un tel niveau d’anxiété, de dépression et de stress.

La recherche de M. Agyapong s’est concentrée sur les effets persistants sur la santé mentale des traumatismes publics tels que l’incendie de Fort McMurray.

Ses collègues et lui ont été invités par des agences provinciales et privées à aider pour concevoir des mesures de santé publique axées sur la santé mentale en temps de COVID-19.

Le document, publié dans Environmental Research and Public Health, tente d’évaluer ces besoins.

À la fin du mois de mars, les chercheurs ont contacté environ 33 000 Albertains qui se sont abonnés à Text4Hope — une initiative gouvernementale qui envoie quotidiennement un message texte de soutien rédigé par des professionnels en santé mentale. Ils ont demandé aux abonnés de répondre à un sondage contenant des mesures standards de l’anxiété, de la dépression et du comportement obsessionnel.

Quelque 6000 personnes ont répondu.

L’enquête, financée par un groupe de fondations caritatives en santé de l’Alberta, a révélé qu’environ 60 % des répondants s’inquiétaient de la saleté, des germes et des virus depuis la pandémie de COVID-19. Environ 54 % avaient commencé à se laver les mains «très souvent ou d’une manière spéciale», ce qui peut être considéré comme un symptôme de trouble obsessionnel compulsif.

Près de 50 % des répondants étaient considérés comme des candidats probables aux troubles anxieux et plus de 40 % étaient susceptibles de souffrir de dépression clinique. Près de 85 % des répondants ont signalé un stress modéré à élevé.

Les résultats étaient cohérents entre les hommes et les femmes. Les symptômes et les niveaux d’anxiété avaient tendance à augmenter avec l’âge et le niveau d’éducation.

M. Agyapong demeure prudent quant aux résultats. L’échantillon de l’enquête n’est pas représentatif de la population albertaine. Et un certain niveau de stress et de comportement inhabituel est compréhensible lorsque les gens perdent leur emploi et voient la société se fermer autour d’eux.

Mais il y a quelque chose qui se passe, dit-il.

«Ce n’est pas un diagnostic, mais c’est indicatif, a indiqué M. Agyapong. Cela ne signifie pas nécessairement que (les résultats) ne sont pas représentatifs de ce qui se passe.»

Bien que les études laissent entendre qu’environ le quart de la population générale présentera des symptômes obsessionnels compulsifs à un moment de la vie, l’incidence de la maladie réelle n’est que d’environ 2 % — bien inférieure à celle de l’enquête de M. Agyapong.

Le chercheur souligne que ses résultats sont cohérents avec les études réalisées dans d’autres pays comme la Chine.

Selon lui, de simples mesures peuvent aider, même le réconfort quotidien fourni par Text4Hope. Les résultats préliminaires suggèrent qu’en six semaines, le niveau d’anxiété des abonnés a chuté de 20 %.

«Cela peut ne pas fonctionner pour tout le monde, mais si vous pouvez le faire fonctionner ne serait-ce que pour la moitié de ceux qui luttent, cela signifie que vous n’avez pas besoin de ressources plus [coûteuses]», a-t-il conclu.

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