La mère d’un garçon ciblé par une vidéo raciste à Pointe-Claire porte plainte

MONTRÉAL — La mère d’un garçon de 15 ans de l’île de Montréal qui a été la cible d’une vidéo raciste largement diffusée dépose une plainte pour atteinte aux droits de la personne contre les auteures présumées et demande que le «blackface» soit déclaré «symbole de discrimination», en vertu de la Charte québécoise.

La vidéo montre deux adolescentes, le visage peint en noir («blackface»), chanter et danser en lançant un flot d’insultes racistes à l’égard des Noirs. Les adolescentes auraient fréquenté une école secondaire de Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île.

La mère d’un garçon de 15 ans, qui n’est pas nommée pour protéger l’identité de l’adolescent, estime que le nom de son fils est cité dans la vidéo, ce qui viole ses droits à l’égalité, à la dignité et au respect. «Il s’agit d’un acte haineux commis par deux jeunes femmes contre mon enfant, un adolescent, et il doit y avoir des conséquences», a déclaré la dame aux journalistes, jeudi, alors que son garçon se tenait tout près. «Idéalement, on ne devrait plus jamais voir de ces « blackface ».»

La femme a déclaré que son fils avait été contrarié et embarrassé par la vidéo, mais qu’il voulait se défendre et prévenir peut-être de futurs incidents semblables.

La plainte devrait être déposée auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec dans les prochains jours par un organisme montréalais, le Centre de recherche-action sur les relations raciales. La plainte comprend aussi une réclamation de plusieurs milliers de dollars en dommages-intérêts ainsi qu’une formation obligatoire de sensibilisation au racisme pour les auteures présumées de la vidéo.

Le «blackface» comme symbole de discrimination

Fo Niemi, directeur de l’organisme, a indiqué jeudi que les plaignants demanderont aussi à la commission de décréter que le «blackface» constitue un «symbole ou signe comportant discrimination», ce qui est interdit par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Cette décision exposerait ceux qui utilisent le «blackface» à des poursuites en vertu de l’article 11 de la Charte québécoise. 

La mère du garçon a déclaré jeudi qu’elle avait été choquée par la vidéo, réalisée par deux adolescentes qu’elle décrit comme des «connaissances» de son fils. «Non seulement le nom de mon fils y était mentionné, le mot (nigger) a été utilisé à plusieurs reprises, le « blackface » était partout, et il y avait plusieurs stéréotypes négatifs qui étaient tout simplement difficiles à entendre.» Ni elle ni son fils n’ont reçu par ailleurs d’excuses des filles ou de leur famille depuis, a-t-elle précisé jeudi.

Le Service de police de la Ville de Montréal a enquêté sur la vidéo, mais a conclu la semaine dernière que les adolescentes ne seraient pas accusées au criminel. Un porte-parole a expliqué que si le contenu était raciste, il n’incitait pas à la haine, ce qui serait essentiel pour porter des accusations criminelles.

Il est également difficile de savoir quel sort subiront ces adolescentes. L’école secondaire John-Rennie, de Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île de Montréal, a promis de prendre l’incident «très au sérieux», mais a refusé de dire si les deux filles avaient été expulsées. «Le statut d’inscription de chaque élève reste une affaire privée qui ne peut être divulguée publiquement», a écrit l’école sur son site internet.

M. Niemi et la mère ont déclaré quant à eux jeudi qu’ils n’étaient pas satisfaits de la réponse de la Commission scolaire Lester B. Pearson dans cette affaire, et ils pourraient éventuellement la citer dans la plainte si elle ne prenait pas de mesures concrètes pour remédier à la situation.

Une plainte peut être déposée auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec par toute personne qui croit avoir été victime de discrimination ou de harcèlement fondé sur l’un des motifs interdits par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

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