La mère d’un Québécois mort en Ukraine dit que son fils était un héros

MONTRÉAL — La mère d’un Québécois mort en combattant les forces russes en Ukraine dit que le «courage et le grand cœur» de son fils en ont fait un héros.

Les funérailles d’Émile-Antoine Roy-Sirois ont été célébrées vendredi dans l’église ukrainienne de l’Assomption-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, à Montréal.

Marie-France Sirois a raconté que son fils était mort en compagnie de trois autres soldats étrangers lors d’un bombardement dans la région du Dombass, le 18 juillet.

«Ils sont morts en héros, chacun soutenant l’autre jusqu’à la fin et partageant les mêmes convictions, a-t-elle lancé à la foule réunie. La volonté de défendre les femmes et les enfants et de dénoncer l’injustice faisaient partie de l’ADN de mon fils. Je ne suis pas la première à le dire.»

Mme Sirois a décrit son fils âgé de 31 ans comme une personne généreuse, aimable et drôle. Combattre en Ukraine? C’était comme «un appel qu’il ne pouvait pas ignorer». Selon elle, Émile-Antoine était un genre de «philosophe-chevalier».

«Émile voulait faire une différence et je crois qu’il y est parvenu. Son courage et son grand cœur en faisaient un héros, mais ce qui me console le plus, c’est de savoir qu’il était heureux à sa mort, d’avoir agi à la hauteur de ses convictions.»

Une urne en argent et un casque de soldat portant le prénom «Émile» avaient été déposés sur une table placée devant les fidèles. Deux photographies du défunt, entourées de tournesols, y avaient aussi été installées.

La foule réunie dans l’église a applaudi le jeune homme. Plusieurs dans l’assistance portaient des vêtements ukrainiens traditionnels. D’autres avaient apporté des drapeaux du Québec, du Canada ou de l’Ukraine. 

Eugene Czolij, le consul honoraire d’Ukraine à Montréal, a dit que M. Roy-Sirois était mort en héros en tentant de secourir un camarade blessé.

«Sachez que des héros comme votre fils Émile-Antoine ne meurent jamais, parce que leur mémoire est éternelle», a-t-il lancé à la mère du soldat et aux autres membres de sa famille.

Âgé de 19 ans, Arsenii Pivtorak a déclaré avant les funérailles qu’il n’avait pas connu M. Roy-Sirois de son vivant, mais il a tenu à assister à la cérémonie pour le remercier d’avant défendu l’Ukraine. 

«Voir un étranger n’ayant aucun lien avec l’Ukraine sacrifier sa vie pour mon peuple, pour la liberté, alors c’est la moindre des choses que d’être ici.»

M. Czolij affirme que d’autres Canadiens sont en Ukraine pour combattre les troupes russes, mais il ignore le nombre exact.

Affaires mondiales Canada ne peut indiquer le nombre de Canadiens morts ou blessés en Ukraine depuis le début du conflit, mais le ministère exhorte les citoyens à ne pas s’y rendre.

«On court un grand risque si on va en Ukraine, particulièrement pour s’engager dans des combats. Notre capacité à fournir des services consulaires est sévèrement limitée», a écrit Affaires mondiales Canada dans un courriel à La Presse Canadienne.

Affaires mondiales Canada exhorte aussi les Canadiens présents en Ukraine à quitter ce pays s’ils peuvent le faire en toute sécurité ou, sinon, de bien se placer à l’abri.

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