La ministre Anand ne s’étonne pas de certains équipements de moins bonne qualité

OTTAWA — La ministre fédérale de l’Approvisionnement estime qu’on ne devrait pas trop se surprendre que certains équipements médicaux et de protection individuelle importés ne soient pas toujours d’excellente qualité, compte tenu de la forte demande mondiale.

«Nous avons déjà éprouvé des problèmes avec la qualité de certains équipements qui ne répondaient pas aux critères établis par l’Agence de la santé publique du Canada», a déclaré Anita Anand devant un comité à la Chambre des communes vendredi.

«Les problèmes de qualité, qui sont certes décevants, ne sont pas surprenants, étant donné la forte demande pour ces produits. Je peux vous dire que même si nous augmentons la cadence de nos commandes, notre priorité demeure la distribution d’équipements médicaux et de protection individuelle sécuritaires et efficaces aux travailleurs de la santé», a-t-elle ajouté. 

Les autorités canadiennes ont constaté récemment qu’un million de masques importés de Chine n’étaient pas adéquats pour le personnel soignant au Canada. L’Agence de la santé publique du Canada a révélé cette semaine que ce million de masques ne respectaient pas les normes canadiennes et qu’ils ne seraient pas distribués aux provinces comme prévu.

Ces masques portaient la mention KN95, l’équivalent chinois de l’américain N95.

Mme Anand reconnaît que le Canada a connu des problèmes de qualité avec certaines fournitures, mais elle rappelle que l’Agence de la santé publique inspecte tout l’équipement importé avant qu’il ne soit distribué.

«Nous prenons toutes les précautions nécessaires afin de nous assurer que les Canadiens soient en sécurité», a-t-elle dit.

Elle rappelle aussi que son gouvernement avait demandé aux entreprises canadiennes de redoubler d’efforts pour fabriquer elles-mêmes des équipements de protection tels que des masques chirurgicaux, des blouses, des désinfectants pour les mains et des respirateurs. En attendant, le Canada doit encore importer des fournitures, dont plusieurs de Chine.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a décrit l’environnement dans lequel les pays tentent de mettre la main sur de l’équipement médical comme étant le «Far West», tandis que les travailleurs de la santé dans les hôpitaux et les centres de soins de longue durée partout au pays et sur la planète ne cessent de soulever leurs inquiétudes quant aux pénuries d’équipement.

La plupart de l’équipement est fabriqué en Chine, et le sortir de ce pays d’Asie est très complexe, a souligné Mme Anand.

D’ailleurs, même si un avion affrété par le gouvernement fédéral est récemment rentré au pays à vide, la ministre Anand soutient que cette marchandise est depuis bel et bien arrivée au Canada.

Le Canada a adopté une nouvelle façon de procéder et développé de nouvelles relations diplomatiques sur le terrain afin de s’assurer que le matériel nécessaire pour lutter contre le nouveau coronavirus qui a été commandé se rendre bel et bien à destination, a-t-elle souligné.

Ça comprend des plans de contingence ainsi que l’achat excédentaire de matériel, dans certains cas.

Six avions chargés d’équipement médical en provenance de la Chine ont atterri au Canada depuis vendredi dernier, portant le total à 10 depuis le début de la pandémie.