La ministre fédérale de l’Inclusion dénonce le racisme qui vise les Autochtones

OTTAWA — Les railleries racistes et les menaces de violence proférées à l’endroit des peuples autochtones à la suite des manifestations contre le gazoduc Coastal GasLink sont «horribles», a soutenu mercredi la ministre fédérale de la Diversité et de l’Inclusion.

Bardish Chagger a mis sur le compte de l’«ignorance délibérée» les appels à la violence contre les Premières Nations, en réponse aux récents blocus de voies ferrées au pays. Et cette haine doit être combattue en éduquant les Canadiens sur la «vraie histoire» du Canada, écrite et racontée par les peuples autochtones eux-mêmes et non par d’autres, a soutenu Mme Chagger, qui est aussi ministre de la Jeunesse.

Mme Chagger soutient qu’elle a elle-même entendu des témoignages de menaces dirigées contre les Autochtones qui ont manifesté et bloqué des voies ferrées en soutien aux chefs héréditaires de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, qui s’opposent au passage d’un gazoduc sur leur territoire non cédé.

«Certains des commentaires que je reçois dans mon bureau sont intentionnellement ignorants et très blessants», a-t-elle déclaré. «Ils ne sont tolérés ni par moi-même ni par ce gouvernement. Ce que nous voulons faire, c’est assurer une meilleure éducation et plus d’information.»

Depuis les blocus — certains durent quelques minutes, d’autres sont là depuis plus de trois semaines —, de nombreux Autochtones se disent la cible d’un racisme pur et simple, qu’ils attribuent à la crise actuelle. Un joueur de hockey a ainsi été insulté lors d’un match à Calgary et une vidéo d’élèves du secondaire en Alberta menaçant de violence les Autochtones circule en ligne.

Les médias sociaux ont aussi été un vecteur particulièrement intense de cette haine: un site de nouvelles de Sault Ste. Marie, en Ontario, a pris la décision de fermer la section commentaires au bas des articles sur les questions autochtones. À Ottawa, un groupe de jeunes Autochtones a annulé une réunion hebdomadaire après avoir reçu un message de menace qui évoquait le recours à des armes à feu.

Lorsqu’on lui a demandé si le gouvernement devrait parler plus fort contre toute flambée de racisme à l’endroit des groupes autochtones, la ministre Chagger a déclaré que son travail était de s’assurer que toutes les voix étaient entendues au cabinet lorsque le gouvernement prend des décisions.

«Je ne pense pas que nous puissions légiférer sur la bienveillance, a-t-elle dit. Je pense que l’ignorance est un choix. Les gens qui ne veulent pas en savoir plus, c’est leur choix. Ce que nous pouvons faire, en tant que gouvernement, c’est de fournir des mécanismes pour la création d’espaces plus inclusifs.»

Un sondage réalisé par la firme de sondage Léger, publié mercredi, suggère que 79 % des Canadiens sont conscients des problèmes entre le gouvernement fédéral et les peuples autochtones, et 44 % disent que les retombées des manifestations ont fait reculer cette relation. Le sondage a été effectué entre le 8 février et le 2 mars auprès de 1540 Canadiens. Il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne, puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.