La ministre Freeland souligne les engagements d’Ottawa pour combattre l’inflation

TORONTO — Dans un contexte d’inflation obstinément élevée et de taux d’intérêt en hausse, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a détaillé jeudi des engagements financiers pour «aider à rendre le coût de la vie plus abordable pour des millions de Canadiens» – mais ces mesures avaient toutes été annoncées précédemment. 

Dans un discours principal sur l’état de l’économie canadienne prononcé devant l’Empire Club of Canada, à Toronto, la ministre a présenté le «plan pour rendre la vie plus abordable» du gouvernement fédéral, qui comprend une série de mesures totalisant 8,9 milliards $ en nouveau soutien pour les Canadiens en 2022. 

Ces mesures étaient toutes incluses dans les deux derniers budgets fédéraux et entrent maintenant en vigueur. 

La ministre Freeland a qualifié la récente montée en flèche de l’inflation de «phénomène mondial» alimenté par les effets durables de la pandémie de COVID-19, les confinements en cours en Chine et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. 

«Les emplois ne manquent pas et le commerce est florissant, a affirmé Mme Freeland. Mais en même temps, beaucoup de Canadiennes et de Canadiens ont plus de difficulté qu’avant à payer leurs factures à la fin du mois.» 

Le mois dernier, Statistique Canada a annoncé que l’inflation annuelle avait atteint 6,8 % en avril. C’était son niveau le plus élevé depuis janvier 1991. L’agence fédérale doit publier la semaine prochaine son rapport sur l’inflation du mois de mai. 

Le Parti conservateur a estimé que le discours de Mme Freeland «(démontrait) un manque fondamental de compréhension des causes de l’inflation». 

«Cette approche économique défectueuse gruge les revenus des travailleurs canadiens et ignore le principe le plus fondamental de l’économie: dépenser pendant une crise inflationniste ne fera qu’alimenter davantage l’inflation», ont fait valoir les critiques conservateurs responsables de la finance et et de l’industrie, Dan Albas et Gérard Deltell, dans un communiqué conjoint publié jeudi après-midi. 

Leur déclaration accusait en outre les libéraux de «(continuer) de blâmer les facteurs mondiaux pour l’inflation et (refuser) d’apporter aux Canadiens l’aide immédiate dont ils ont besoin pour faire face à la crise du coût de la vie». 

«Ils annoncent plutôt des politiques qui n’entreront pas en vigueur avant l’automne, laissant les Canadiens souffrir pendant tout l’été.» 

Avant le discours de Mme Freeland, les syndicats canadiens ont demandé à la ministre des Finances d’annoncer de nouvelles mesures «pour s’assurer que des millions de travailleurs vulnérables et leurs familles ne sont pas laissés pour compte par l’aggravation de la crise de l’inflation». 

«Il incombe aux gouvernements d’intervenir pour s’assurer que les familles ne portent pas le fardeau seules», a fait valoir jeudi Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, dans un communiqué. 

«En plus des mesures annoncées dans le budget de 2022, l’apport d’une aide supplémentaire directe et ciblée aux familles grâce à une majoration immédiate du crédit pour TPS serait utile aux familles vulnérables qui en ont le plus besoin.» 

La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi son taux d’intérêt directeur de trois quarts de point de pourcentage – sa plus forte hausse depuis 1994, ce qui a amené des économistes à prédire que la Banque du Canada emboîterait le pas lors de sa prochaine décision sur la politique monétaire, le mois prochain. 

La banque centrale du Canada a augmenté son taux directeur d’un demi-point de pourcentage à deux reprises au cours des derniers mois, le portant à 1,5 % en juin, et son gouverneur, Tiff Macklem, a laissé entendre qu’il était prêt à agir «avec plus de vigueur» si la forte inflation persistait. 

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