La ministre McKenna vante le «savoir traditionnel  autochtone»

NIAGARA FALLS, Ont. – La ministre fédérale de l’Environnement a martelé mercredi que la lutte contre les changements climatiques et le développement des ressources naturelles devraient s’inspirer du savoir traditionnel des peuples autochtones.

Dans un discours aux assises annuelles de l’Assemblée des Premières Nations (APN), à Niagara Falls, Catherine McKenna a repris les grands thèmes adoptés par le gouvernement libéral depuis son élection: rebâtir des ponts avec les Autochtones et accroître les consultations avec eux.

Mme McKenna a consacré la majeure partie de son allocution de 22 minutes à relater un voyage qu’elle vient d’effectuer avec sa famille dans l’archipel Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique, et chez les Dénés des Territoires du Nord-Ouest. Elle dit y avoir rencontré des gens qui lui ont tous parlé de l’importance de leur contrée pour eux et pour leur famille.

Elle a amorcé son discours en rappelant qu’aucun ministre de l’Environnement n’avait prononcé une allocution devant l’APN depuis au moins 10 ans — et peut-être même depuis toujours.

La ministre McKenna a demandé aux chefs de participer pleinement aux consultations publiques qui ont actuellement cours sur la révision de tout le régime d’évaluation environnementale.

Elle a aussi promis que les Autochtones seront amplement consultés lors de l’élaboration de la stratégie nationale sur les changements climatiques, concoctée cet été par Ottawa, les provinces et les territoires.

Mme McKenna a soutenu que les impacts des grands projets d’exploitation des ressources naturelles sont déjà examinés en tenant compte du point de vue des Autochtones. La ministre a aussi indiqué que le savoir traditionnel autochtone sera pris en compte dans toute décision sur la conservation de la faune.

«Nous sommes conscients que le savoir traditionnel nous offre des renseignements inestimables, rend nos recherches plus efficaces et fournit des informations de première main sur l’état du territoire, des eaux, de la flore et de la faune, a-t-elle plaidé. Voilà pourquoi nous consultons les communautés autochtones et oeuvrons avec elles lorsque vient le temps de décider si on doit ajouter un nom à la liste des espèces en péril, et en élaborant les meilleures stratégies de rétablissement.»

Son prédécesseur à l’Environnement, la conservatrice Leona Aglukkaq, avait provoqué l’ire de certains écologistes en utilisant la même rhétorique pour défendre la chasse à l’ours polaire: son frère inuit, disait-elle, lui avait assuré, de première main, que ces mammifères abondaient au Nunavut.